L’association Lianes vient de fêter son 17e anniversaire. L’occasion rêvée pour vous faire découvrir le travail abattu par les salariés et bénévoles, ainsi que les actions dans lesquelles la structure est impliquée à Strasbourg. Un petit bijou local, qui lutte au quotidien pour soutenir les personnes en situation d’exclusion sociale et maintenir le lien avec leur animal.


L’association Lianes a été créée en 2003, par Sabine Roubire. À l’époque, l’ancienne directrice de l’association fait un constat simple : aucune solution n’est proposée pour les animaux des personnes en situation de précarité lorsque celles-ci sont hébergées dans des foyers ou bien hospitalisées. Résultat, nombreux sont ceux qui ne peuvent pas avancer dans leurs démarches de soins ou sociales par peur d’être séparés de leur animal de compagnie. L’association Lianes vise donc à soutenir les propriétaires d’animaux en situation de fragilité sociale ou avec des soucis de santé, en accueillant leurs compagnons temporairement. 


Un dispositif de garde d’animaux, mais pas seulement 

Depuis ses débuts, l’association Lianes propose la garde d’animaux par l’intermédiaire de familles d’accueil ou bien au sein de son chenil. D’abord installée à Geispolsheim pendant plusieurs années, la structure a enfin pu se rendre davantage accessible aux bénéficiaires, en occupant dès 2014, des locaux loués par la Ville dans le quartier du Port du Rhin. La pension pour animaux reste la principale activité de l’association. Éthologue de formation, Anne travaille au sein de l’association depuis près de 14 ans et occupe le poste de directrice depuis l’an dernier. Elle tient à préciser : “Nous ne sommes pas une SPA. Je sais que l’amalgame peut être fait. Mais nous, c’est que du temporaire et l’objectif, c’est évidemment que les propriétaires récupèrent leur animal dès que c’est possible pour eux.” 

Au chenil de l’association.
© Association Lianes

Lianes s’adresse à un public en situation d’exclusion, de précarité sociale, ou bien ayant des problèmes de santé. Bien souvent, les personnes concernées cumulent plusieurs problématiques et leur animal de compagnie constitue un soutien indispensable. Pour eux, il est donc difficile d’imaginer de devoir s’en séparer pour accéder à un foyer d’hébergement d’urgence (car la plupart n’acceptent pas les animaux) ou bien pour entamer des démarches médicales. “On est souvent leur dernier espoir, car ils n’ont aucune autre solution. Et on est là pour que l’animal ne soit pas un frein à leur insertion.” explique Anne. Derrière la garde d’animaux, les membres de l’association travaillent surtout à la création et au maintien de lien social avec les bénéficiaires : “Nous ne sommes pas des travailleurs sociaux, mais on travaille toujours en partenariat avec les assistantes sociales et les éducateurs sociaux qui sont déjà en lien avec la personne. On est constamment en contact avec les propriétaires des animaux et on est aussi là pour les inciter à poursuivre leurs démarches. L’idée, c’est que ça avance de leur côté et de les motiver pour qu’ils retrouvent leur animal ensuite.

Par ailleurs, le chenil est à l’origine d’emplois d’insertion, puisque sur neuf personnes salariées, six sont concernées et s’occupent des animaux quotidiennement. Un formidable tremplin socio-professionnel pour ces personnes en difficulté. 


Des balades, de la médiation animale et des vadrouilles à la rencontre des sans-abris

Au-delà de la garde d’animaux, les membres de Lianes interviennent également dans de nombreux autres cadres. Ils proposent notamment un service à domicile, en se déplaçant directement chez les personnes isolées ayant un animal (en grande majorité un chien), mais qui ne peuvent pas le sortir à cause de problèmes de santé ou de mobilité. Un membre se rend donc au domicile du bénéficiaire, pour balader le chien et échanger avec lui : “Là, on est vraiment dans le lien social car on est souvent la seule personne qu’ils voient dans la journée. C’est un travail de dingue parce que c’est vraiment du 365 jours par an et on s’y déplace parfois deux à trois fois par jour chez eux” ajoute la directrice de l’association.

L’un des pensionnaires en famille d’accueil.
© Association Lianes

Parfois, Lianes intervient au cas par cas en faveur du bénéficiaire. “On a un duo de chiens, ça fait plus d’un an qu’ils sont chez nous. La maîtresse vient les voir plusieurs fois par semaine. On a aidé cette bénéficiaire à écrire à sa résidence sociale qui refusait qu’elle y soit avec ses animaux. Et la résidence a finalement accepté la demande pour certains jours de la semaine.” raconte Anne. Des petites victoires qui signifient beaucoup pour les propriétaires d’animaux et qui témoignent aussi des ambitions de l’association, qui espère bien convaincre, à terme, les structures d’accueil comme les foyers ou les résidences sociales, d’accepter les animaux.

Depuis 2005, des intervenants accompagnés de leurs animaux sont aussi formés pour aller à la rencontre de résidents en EHPAD, ou bien de personnes ou d’enfants en situation de handicap. Lianes intervient dans une dizaine d’établissements à Strasbourg, une fois par semaine à une fois par mois afin de promouvoir la médiation animale. Anne précise qu’elle anime par ailleurs un atelier de médiation canine à destination d’autres personnes, majoritairement sans-abris, afin de travailler la relation maître/chien et les problématiques d’obéissance. L’occasion pour beaucoup, de s’offrir une parenthèse centrée sur leur animal, sans devoir faire face aux jugements sur leur parcours de vie. Enfin, pour présenter ses actions, Lianes organise des vadrouilles toutes les semaines en allant à la rencontre des personnes à la rue.  


Comment soutenir Lianes ? 

Lianes, c’est une vingtaine de familles d’accueil, une vingtaine d’animaux en pension (majoritairement des chiens même si l’association accueille aussi quelques chats et plus rarement des NAC), et près d’une centaine de bénévoles plus ou moins actifs. En règle générale, l’association demande une participation financière à hauteur des revenus du bénéficiaire pour la pension ou pour les balades. Des sommes qui sont cependant très loin de permettre à elles seules, à la structure de fonctionner. Cette dernière propose donc également un service payant, à destination des personnes qui partent en voyage et qui souhaitent placer leur animal en pension. Un revenu non-négligeable pour Lianes, qui a dû temporairement stopper bons nombres de ses activités à cause de la crise sanitaire. 

En visite dans les EHPAD.
© Association Lianes

Pour soutenir l’association, il est possible de devenir bénévole pour n’importe laquelle des missions, ou bien de se proposer en tant que famille d’accueil. Pour cette dernière option, tous les profils sont acceptés : “On a des étudiants, des personnes qui travaillent, des personnes en appartement, etc. Il n’y a pas de critères de taille de l’appartement, mais on va quand même cibler les familles en fonction de l’animal. Par exemple, pour un chien qui ne supporterait pas la solitude, on ne va pas choisir une personne qui n’est pas souvent à la maison.” détaille Anne. Pour postuler, il suffit d’adhérer à Lianes et des membres de l’équipe prendront ensuite le temps de rencontrer les personnes individuellement et de visiter le logement. Certaines pensions peuvent durer seulement quelques jours, alors que d’autres peuvent s’étaler sur plusieurs mois. Les membres garantissent aussi l’anonymat des familles d’accueil et des bénéficiaires et font ainsi le lien entre les deux parties. La directrice de l’association explique : “On respecte la dignité de la personne, on est dans la bienveillance et on n’est pas là pour juger les parcours de vie de chacun.

La structure fonctionne aussi grâce aux dons, financiers ou en nature. Il est possible de déposer des croquettes ou des accessoires pour les animaux directement à l’entrée des locaux, même s’ils sont fermés aux visiteurs durant cette période de confinement.


Association Lianes 

Site internet & Page Facebook 
Devenir bénévole ou faire un don 
4 rue de Lübeck 67000 Strasbourg



© Photo de couverture : association Lianes

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