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La tête ailleurs : à la conquête de la liberté avec les « Dix Petites Anarchistes »

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Parce que novembre est un mois qui n’est pas toujours tendre et que le confinement ça peut vite être pensant, on s’est dit que chaque matin, on allait vous emmener un peu la tête ailleurs. Curiosité, bonne surprise, avancée scientifique, film, musique ou série… Un à un, les membres de l’équipe Pokaa vont vous partager ce qui, confinés comme vous, nous offre des capsules d’évasion dans un monde en pleine contamination. Bonne découverte et à demain !


Ni Dieu, ni maître, ni mari ! Nous sommes à la fin du XIXe siècle au vallon de Saint-Imier en Suisse. L’extrême pauvreté, les conditions de vie difficiles et l’exploitation provoquent une émigration de la population sans précédent. C’est dans ce contexte social obscur que « 10 petites anarchistes » rêvent de bâtir à l’autre bout du monde une vie ou toutes formes d’oppression et de domination seraient abolies. Guidées par leur désir d’émancipation, Valentine nous livre, sous forme de témoignage, leur merveilleux périple qui les conduira en Amérique du sud.

Daniel de Roulet s’inspire d’un fragment de l’histoire Suisse pour rendre hommage à la condition particulièrement difficile des femmes à cette période. Attendez-vous à un style d’écriture fidèle à l’engagement de Valentine, qui veut que son témoignage « raconte le plus fidèlement possible ce qu’il en coûte de réinventer le monde ». Pour celles et ceux qui aiment se questionner sur la notion de liberté, cette épopée vous emportera dans une aventure aux côtés de personnages puissant.e.s, courageux.se.s et attachant.e.s.

Extrait du livre :

« Avertissement au lecteur pour qu’il sache qui a écrit ces lignes et pourquoi, sans oublier de préciser le rôle d’un certain cahier vert qui remplit les trous de la mémoire.

On était dix et à la fin on n’est plus qu’une. On s’appelle Valentine Grimm, née le 30 novembre 1845. On est la cadette des sœurs Grimm. À soixante-quatre ans, on a l’âge de faire les comptes.

Jusqu’ici on avait surtout rédigé des chroniques de circonstance, des histoires romancées pour endormir les enfants ou la méfiance de nos ennemis, des lettres bien tournées à des amies. Et voilà qu’on va être la petite rapporteuse de nos compagnes.

On n’a envie ni de se moquer ni de jouer les saintes. Juste des portraits, nos amours, nos convictions sans trop juger ni surplomber. Avec l’idée que ça pourrait être comme notre testament politique. Bref, une affaire sérieuse. Comme vous allez voir, on a toutes eu des existences bien remplies. Quand on se manifestait par écrit, on signait d’un pseudonyme ou bien « quelques femmes insouciantes ».

On s’était promis une entraide qui dure jusque dans des actions que nos ennemis disaient violentes, alors qu’elles ne s’en prenaient qu’à l’injustice. Aujourd’hui, nous, Valentine, réfugiée en Uruguay, on a donc décidé de vous raconter, sans trop mentir, ce qu’il en coûte de réinventer le monde. »

Émilie Huard

© Émilie Huard

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