La préfète du Bas-Rhin a reçu les maires ce lundi 19 octobre pour un échange concernant la mise en œuvre de l’État d’urgence sanitaire au sein du département. Si Strasbourg échappe pour le moment au couvre-feu, les indicateurs de suivi de l’épidémie sont néanmoins en hausse et de nouvelles mesures ont été prises afin de contenir la propagation du virus. Fermeture de toutes les buvettes, recommandations pour les douches et vestiaires et davantage de communication sur les réunions familiales. 

L’État d’urgence sanitaire a été décrété par le Premier ministre depuis le samedi 17 octobre. Suite à cette décision et à l’évolution des indicateurs qui permettent le suivi de l’épidémie dans le Bas-Rhin, Josiane Chevalier a convié les maires du département pour échanger sur les éventuelles mesures et recommandations à prendre.


Une situation qui s’est fortement aggravée en deux semaines

Dès le début de la conférence de presse, la préfète donne le ton :La situation évolue défavorablement. En deux semaines, le taux d’incidence est passé de 84 à 170 et a ainsi doublé sur l’Eurométropole et sur le Bas-Rhin. Le taux de positivité quant à lui est de 8.4%. Laure Pain, conseillère médicale au sein de l’ARS précise également que le taux d’incidence chez les +65 ans est très préoccupant. Alors qu’il était très faible dans le Bas-Rhin, celui-ci est passé de 24 à 92,1 pour 100 000 habitants en quinze jours. 

Seule l’occupation des lits de réanimation semble, pour le moment échapper à cette accélération avec, en moyenne une cinquantaine de personnes hospitalisées à cause du Covid-19 et une dizaine en service de réanimation. Les capacités totales étant de 110 lits (voir 120), le taux d’occupation est donc seulement à 10%. Mais Laure Pain prévient : “Il y a toujours un décalage entre le pic d’incidence et les hospitalisations. On verra l’impact la semaine prochaine.


Où se contamine-t-on ?

Dans le Bas-Rhin, on se contamine très peu en entreprise et la situation au sein des universités semble s’être stabilisée. Quant aux EHPAD, trois clusters y ont été déclarés au cours des quinze derniers jours sur les plus 130 établissements du département. 

La situation se complique dans deux autres contextes bien définis. Tout d’abord dans celui des milieux associatifs et sportifs. Des clusters y sont identifiés tous les jours. Qu’il s’agisse des rassemblements avant ou après un match, de réunions dans les vestiaires ou encore d’événements associatifs, les cas issus de ces rencontres se multiplient depuis la rentrée. Par ailleurs, le second plus grand contexte de contamination n’est d’autre que la cellule familiale. Laure Pain explique : “On se rend compte que les gens n’ont pas bien compris. Ce n’est pas parce qu’on est de la même famille, qu’on ne peut pas se transmettre le virus. Et cela se fait, au minimum, dans les rencontres en petit comité, au maximum dans les mariages. On se rend compte que les gens ne prennent pas les précautions qui s’imposent.


Un arrêté pour interdire les buvettes et des recommandations

Pour le moment, si le Bas-Rhin est bien passé, comme le reste de la France en État d’urgence sanitaire, l’ensemble du département et la ville de Strasbourg échappent au couvre-feu imposé dans plusieurs métropoles. Seul le Conseil de défense sanitaire peut décider et dévoiler chaque fin de semaine quels territoires doivent être contraint à cette mesure de couvre-feu. La Préfecture du Bas-Rhin peut cependant prendre d’autres mesures restrictives selon l’évolution des indicateurs comme la fermeture des salles de sport, la diminution des horaires d’ouverture ou bien la fermeture des bars.

Au vu de la propagation du virus et de la multiplication des clusters au sein de contextes et de lieux de vie précis, un arrêté préfectoral sera pris fin de semaine pour l’interdiction des buvettes après un événement associatif ou bien sportif. La préfète recommande également la mise en place de protocoles pour les douches et les vestiaires. Vincent Debes, président de l’association des maires du Bas-Rhin ajoute : Selon les clubs, si ce sont des douches individuelles tout va bien et là où il y a des douches collectives avec six pommeaux de douche, si on en prend que deux ou trois ce sera déjà une bonne chose. Pour ces mesures, il s’agira de la responsabilité des clubs, des ligues et des fédérations.


Une grande campagne de communication à destination des familles

L’ARS prépare actuellement un document qui pourra être transmis auprès des familles pour qu’elles puissent appliquer des conseils simples. La préfète de Bas-Rhin précise par ailleurs que la période de célébration qui arrive avec les fêtes de la Toussaint mais aussi la cérémonie du 11 novembre prochain peut facilement augmenter les risques de contamination. Elle demande donc davantage de vigilance sur le port du masque aux abords des cimetières, et indique qu’il faudra aussi éviter la présence d’anciens combattants le 11 novembre comme cela se faisait habituellement.

Enfin, pour Michèle Eschlimann, vice-présidente du conseil départemental du Bas-Rhin et Maire de Wasselonne, le taux de contamination des plus de 65 ans est particulièrement inquiétant. Les EHPAD sont bien évidemment suivis, mais la préoccupation se situe plutôt au niveau des personnes à domicile selon elle. Elle ajoute : “On a réactivé tout un nombre de mesures et mis en place des nouvelles comme celles concernant la vaccination pour les personnes âgées, dépendantes ou non. Il y a une communication qui doit se faire au niveau des familles pour le port du masque. Et chaque commune doit communiquer très largement vers les personnes âgées.


Photo de couverture : Samuel Compion pour Pokaa

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