Il y a quelque temps, on vous avait demandé, sur notre compte Instagram, de nous dire ce qui vous posait question à Strasbourg. Pourquoi tel aménagement urbain ? Quelle histoire pour tel lieu ? Et bien d’autres choses plus ou moins insolites. Dans la liste de vos demandes, il était question de petites plaquettes apposées sur de nombreux bâtiments de la ville. Alors alors : à quoi peuvent-elles bien correspondre ?
© Florian Crouvezier pour Pokaa

Hôtel du département, maison Kammerzell, palais du Rhin, grenier d’abondance, Musée alsacien… De nombreux bâtiments arborent en effet sur leurs façades ces petites plaquettes. Elles sont toutes numérotées et toutes portent une couleur ainsi qu’un visage. Mais elles ne semblent renvoyer à rien ! Aucune info sur le site internet de la ville qui pourrait nous éclairer. Tout cela apparaît bien mystérieux…

Mais, finalement, ça ne l’est pas tant que ça. Il s’agit simplement de remonter une poignée d’années en arrière. Comme les indices de numéros et de couleurs pouvaient le faire penser, il s’agit bien là de jalons de circuits… touristiques. Toutes ces plaques renvoient donc bien à quelque chose, mais à quelque chose qui date pas mal : un guide touristique édité par l’Office du Tourisme de Strasbourg en collaboration avec d’autres services de la ville (archives, musée historique, école d’archi…) et la Région.

La première version de ce guide date de 1993 et s’intitulait Balades strasbourgeoises : du Moyen Âge à 1900, l’architecture de la ville en 5 circuits. Une seconde version est parue dix ans plus tard avec un circuit en plus et un titre légèrement différent : Balades strasbourgeoises : du Moyen Âge à nos jours, l’architecture de la ville en 6 circuits.

© Florian Crouvezier pour Pokaa
© Florian Crouvezier pour Pokaa

Ces 6 parcours définis par périodes étaient donc caractérisés par un titre, une couleur ainsi qu’un visage de profil :

Strasbourg médiéval : turquoise ; femme à la coiffe (appelée « hennin »)
Strasbourg et la Renaissance (16e et 17e siècles) : violet ; homme à la collerette (appelée « fraise »)
Strasbourg au 18e siècle : orange ; homme à la perruque (sosie de Mozart)
Strasbourg romantique (1800-1870) : rouge ; homme au chapeau haut de forme
Strasbourg impérial (1870-1918) : kaki ; homme à barbe et lunettes
Strasbourg moderne et contemporain : jaune et bleu ; double visage abstrait

Pas moins de 300 édifices remarquables avaient alors été recensés ! Chacun ayant une mini-notice dans le guide et une plaquette sur son mur. Je ne saurais dire combien ont survécu. Certaines ont été enlevées. À la place, on trouve parfois de nouveaux panneaux informateurs beaucoup plus élaborés. Mais il n’est pas rare d’en voir encore par-ci par-là !

© Florian Crouvezier pour Pokaa

Pour autant le guide est toujours disponible. Vous pourrez le trouver à l’Office du tourisme au prix de 4€50. Il est disponible en français, anglais et allemand. De quoi se balader encore et toujours!



[Un grand merci à Fabien Romary d’archi-wiki.org pour m’avoir mis sur la piste.]


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