Le secteur de l’immobilier comme les autres a été lourdement impacté par la crise du Covid-19. Avec l’arrêt des transactions pendant deux mois entiers et les déménagements reportés, les professionnels ont dû s’adapter aux conditions particulières de crise sanitaire. Visite virtuelle, appel visio, dématérialisation des documents, comment le marché de l’immobilier s’est-il adapté et quelles solutions ont été mises en place dans les agences ? On a demandé aux concernés quels enseignements ils tirent de cette période, par l’intermédiaire de l’agence Batigère et de la FNAIM, premier syndicat des professionnels de l’immobilier en France.

C’est certain, les deux mois de confinement ont fortement impacté le marché de l’immobilier. Et Strasbourg n’y a pas échappé, car comme ceux du reste de la France, les professionnels ont dû se contraindre à stopper leur activité. Mais depuis la levée du confinement, le secteur semble reprendre du poil de la bête comme l’explique Daniel Bintz, président de la chambre FNAIM du Bas-Rhin : D’après ce que me disent les confrères, il y a eut un bel engouement dès la levée du confinement jusqu’au mois de juillet. En août, ça c’est un peu calmé car pas mal de personnes sont parties en vacances. Et là on est de nouveau dans la reprise. Je pense que logiquement, on aura cette perte des deux mois mais ça ne représentera que ça je pense.Avec une nuance tout de même, celle de la conjoncture économique : dans ce domaine comme les autres, les professionnels restent dans l’expectative.


Balcons, terrasses, jardins : ces critères qui ont pris de l’importance

Les confinés de toute la France s’en sont rendu compte pendant ces deux mois d’isolement, les locataires et les propriétaires qui bénéficiaient d’un jardin, d’une terrasse ou même d’un balcon, ont rapidement revêtu le statut de privilégiés. Et ces avantages ont nourri les réflexions de nombreux Strasbourgeois, qui n’ont pas manqué d’ajuster leurs critères dès la levée du confinement comme le confirme le président de la chambre FNAIM du Bas-Rhin : Les maisons sont plus recherchées par exemple, mais à Strasbourg, on n’en trouve pas beaucoup, c’est très rare et très cher, donc les personnes se posent davantage la question de sortir de Strasbourg, de chercher un peu plus loin. J’ai beaucoup de personnes qui s’interrogent et envisagent de garder un petit 3 ou 4 pièces en ville, mais d’avoir une petite maison de campagne facilement accessible, à 1h de Strasbourg par exemple. Et pour ce type de réflexion, le Covid a, je pense, marqué les esprits. C’est une manière de vivre différente qui risque de s’installer.

La pratique du télétravail aussi, nécessaire en temps de confinement, mais qui tend aujourd’hui à être de plus en plus répandue, influence également la façon dont on envisage son intérieur. Peut-être faut-il prévoir plus grand, miser sur davantage de surface pour ne pas se sentir à l’étroit lorsqu’on passe une journée de travail dans son foyer. Ou encore prévoir une pièce supplémentaire, pour y installer son bureau. 

Du côté des prix, pas d’inquiétudes pour l’instant, assure le président bas-rhinois du syndicat des professionnels de l’immobilier : “Il y a une sagesse qu’on a toujours eue à Strasbourg, c’est qu’il n’y a pas de flambée des prix sur les maisons par exemple. Actuellement, pour la demande, les prix se raffermissent, c’est-à-dire que là où avant il y avait une marge de négociation, là, si c’est un bien qui correspond, le prix reste fixe.

© Chloé Moulin


Évolution des pratiques des professionnels : vidéos, visite en visio

Début avril, le ministère de la Justice valide un décret indiquant que la signature des actes notariés peut se faire à distance. Une première étape annonciatrice de l’impact de la crise sanitaire sur le marché immobilier : si les professionnels du secteur veulent s’en sortir, il va falloir s’adapter ! Les agences emboîtent rapidement le pas en proposant notamment la signature du bail à distance et en dématérialisant au maximum les démarches administratives. Pour Daniel Bintz il n’y a aucun doute, même si certains avaient déjà essayé de mettre cela en place il y a trois ou quatre ans, aujourd’hui, il y a une accélération extraordinaire. Il note cependant que cette dynamique concerne surtout la location : “Ça facilite l’accès, et finalement, c’est ce qu’on a déjà avec Airbnb par exemple, les personnes ne voient pas le logement avant d’y entrer. On avait aussi un peu ça dans le meublé et maintenant, ça arrive dans la location classique.” 

© Chloé Moulin

Responsable commerciale et marketing chez Batigère, Agnès Collin n’a pas hésité à s’approprier ces nouveaux outils, en pleine période de confinement. J’avais déjà eu une formation sur la vidéo l’an dernier. Alors pendant le confinement, on a arrêté l’activité pendant trois semaines, puis on s’est dit qu’il fallait quand même qu’on s’y mette et qu’on allait essayer de mettre en pratique ce qu’on avait appris en formation.” Dès mi-avril, la responsable commerciale décide donc de se lancer. Elle récupère les clés de plusieurs logements et s’y rend pour filmer :Au départ on ne filmait que l’intérieur des logements. Mais avec le confinement, ça nous a incité à filmer ce qui se trouve autour, la ville ou le village, pour montrer l’environnement dans lequel se trouve le logement. En fait, on adapte le film et le contenu en fonction du bien qu’on a à promouvoir. La tâche n’est donc pas si aisée et encore moins lorsqu’on est novice en la matière. Le plus important pour la responsable, c’est tout simplement de se mettre dans la peau des potentiels locataires, afin qu’ils puissent s’imaginer le cheminement dans le logement : Ce n’est pas seulement une vidéo de présentation, mais il faut qu’ils arrivent à se projeter.

Chez Batigère, les équipes ont également expérimenté la visite en visio, via l’application Whatsapp. “On fait la visite entière, depuis l’entrée dans la rue, en passant par le local vélo et la cage d’escalier. On montre le logement mais aussi là où il se situe. Il ne faut pas que les gens aient l’impression qu’on leur cache quelque chose, ce n’est pas le but.

BATIGERE vous fait découvrir ses appartements à Strasbourg grâce aux visites virtuelles. Contacts directs par mail : Agence-strasbourg@batigere.fr

Gepostet von Batigère am Donnerstag, 16. Juli 2020


Des outils qui font leurs preuves et risquent de s’inscrire sur le long terme

Agnès Collin l’assure, l’utilisation de ces nouveaux outils est particulièrement intéressante pour les professionnels du secteur. Pour les agents, comme pour les clients, l’intérêt est de faire gagner du temps à tout le monde. Elle ajoute : Les personnes sont vraiment en relation avec ce qu’on propose et ça, personne ne l’avait mesuré avant le confinement. Ces vidéos mettent aussi bien en valeur le produit, que la ville parce qu’on essaie de filmer des choses caractéristiques comme la fontaine du village, les places, etc. Du côté des clients, si certains sont un peu étonnés par ces nouveaux moyens mis en place, la plupart reconnaissent les avantages d’une telle flexibilité : “En fait, à travers moi ou la caméra, ils vivent ce qu’ils vivront demain dans leur logement s’ils le prennent.

À l’avenir, la responsable envisage même de développer davantage ce format et de le rendre plus efficace :Par exemple dans les cas où les personnes ne peuvent vraiment pas se déplacer, j’imagine qu’on pourrait faire un métrage au sol pour qu’ils se rendent compte des distances et de superficies. Ou encore des murs de couleurs par exemple, où chaque couleur correspondrait à une surface, ou bien ajouter d’autres repères visuels.

© Chloé Moulin



*  Soutenu mais non relu par Batigère.


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