Dans les années 80, les graffeurs et les artistes de rue filaient des aigreurs d’estomac aux agents de police qui les traquaient inlassablement pour condamner leurs « dégradations de l’espace public ». Aujourd’hui, ils sont au centre de l’attention et leurs oeuvres sont considérées comme des actes de création à part entière. Le street art fait désormais partie du paysage urbain « officiel » de nombreuses villes et Strasbourg ne fait pas exception si on constate le nombre d’évènements et d’espaces qui lui sont consacrés.

On vous parlait de Apaiz il y a peu. Aujourd’hui je veux vous faire découvrir un de ses compères, qui présente une toute autre démarche artistique. SekuOuane est un artiste strasbourgeois qui a fait ses armes à l’aérosol au début des années 2000. Membre des collectifs STC, ABC et de l’association L’atelier du Club, ce touche-à-tout oscille entre une pratique du graffiti writing (lettrage) classique et celle de la 3D par laquelle il aime rechercher des formes organiques, du mouvement et de la saturation.

En perpétuelle questionnement sur son art et les revendications qu’il souhaite y associer, SekuOuane s’est lancé à l’issue du confinement dans un nouveau projet : celui de se réapproprier les affiches publicitaires des rues strasbourgeoises, plus précisément ceux présents dans les M.U.P.I.

Ses armes ? De l’encre, de l’acrylique, des pinceaux et des marqueurs avec lesquels il modifie le lettrage comme les images, et transforme le message global.

Pour SekuOuane, il s’agit de bien plus qu’un coup de pinceau :

« Le travail que je mène est une forme hybride entre la pratique artistique du détournement et l’activisme. Il s’agit également de la reprise de possession de l’espace public, complètement envahi par la publicité sous couvert du partage de l’information. En revoyant ces espaces de diffusion par le prisme libertaire, un autre rapport au passant se crée ; un rapport politique, une forme d’éducation populaire alternative de la désobéissance civile. Il s’agit de se réapproprier nos rues, nos villes, de parasiter la société spectaculaire marchande. »

Par cette démarche, l’artiste alsacien replace le street art vandale au centre de l’attention, comme un retour aux origines. C’est une initiative culottée, fine et réfléchie qui en apporte son lot de questionnements, interpelle les passants et propose un réel axe de réflexion… Chapeau bas !

Et à défaut de croiser un jour l’une de ses œuvres, vous pouvez retrouver le travail de l’artiste par ici. De mon côté, comptez sur moi pour vous redonner très rapidement des nouvelles de SekuOane dans un format plus en profondeur, stay tuned !


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