Où que l’on soit dans le monde, les régions, villes et villages de France s’organisent pour que leur patrimoine matériel ou immatériel, leurs terres, leurs us et coutumes soient reconnus à l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture). Ils se battent parfois pour attirer le regard des touristes, certes, mais surtout pour que l’objet qu’ils défendent perdure et soit protégé à travers les âges. Un coin de Petite France, une bibliothèque humaniste ou des fortifications plus que centenaires ? C’est fait. Désormais les fermiers alsaciens se battent pour que la transhumance entre également dans la catégorie du patrimoine culturel immatériel.

La transhumance, c’est cette migration périodique du bétail entre les pâturages d’hiver et les pâturages d’été. Aujourd’hui, en 2020, les fermiers alsaciens, et plus particulièrement Vosgiens, œuvrent pour que cette tradition ancestrale, encore pratiquée par une quarantaine de fermiers seulement, perdure et traverse le temps pour des générations.

©  Coraline Lafon pour Pokaa

Le patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, qu’est ce que c’est ?

Le patrimoine culturel d’un pays ou d’une région ne se cantonne pas aux monuments en dur, aux églises, cathédrales, aux rues pavées et autres collections d’objets. Notre culture, comme celle des autres pays du globe, est également composée d’expressions vivantes, de traditions orales, de pratiques sociales, de rites et de rituels, de connaissances techniques ou artistiques et de savoirs-faire.

En somme, le patrimoine immatériel regroupe tout ce qui nous identifie en tant qu’être humain évoluant dans une région, ville ou village du monde bien spécifique. Le patrimoine culturel immatériel est donc composé de tout ce qui représente le fondement même de notre identité, l’ADN de nos coutumes, de nos arts et de nos métiers. Les plus petites spécificités d’une région ou même d’un village, comme un dialecte en perdition ou un chant paysan, sont défendus à l’UNESCO au même titre qu’un bout du quartier de la Petite France ou une cathédrale millénaire que l’on nomme élégamment Notre Dame.

©  Coraline Lafon pour Pokaa

Des femmes et des hommes qui se mobilisent pour la transhumance

La reconnaissance au patrimoine immatériel culturel de l’UNESCO est en somme la distinction ultime, la dernière étape pour protéger au maximum certaines coutumes. Il y a plus d’un mois, un comité d’experts rallié au ministère de la Culture a validé le classement de la transhumance au patrimoine national culturel immatériel Français. Un très bon début et une étape obligatoire permettant d’accéder à la phase finale : une candidature à l’UNESCO pour une reconnaissance mondiale et intergalactique.

Ce rêve d’UNESCO est porté par les membres du CORAM : le Collectif des races locales de massifs). Une fédération éparpillée entre les Vosges, les Alpes, le Jura, le Massif centre, les Pyrénées ou encore l’Île de beauté. Elle y protège 32 races et 45 000 exploitations agricoles ainsi que des millions de vaches ou brebis qui vont paître dans nos champs. La mission du CORAM ? « Défendre une autre agriculture, plus authentique, un système d’exploitation autonome en fourrager (utilisation des fourrages/herbes de prairie pour nourrir les bêtes), avec à chaque fois un ou des produits adossés à la race comme le munster ou le cœur de massif pour la vosgienne ».

©  Coraline Lafon pour Pokaa

La candidature française, ainsi que celle des régions de l’Andore, du Portugal, du Luxembourg, de la Roumanie, de l’Albanie et de la Croatie (toujours pour la transhumance), sera déposée en mars 2022.

La reconnaissance ultime de la transhumance à l’UNESCO permettrait donc de valoriser les territoires de pâturages, des pratiques, des produits mais aussi des Hommes et des métiers. Ceux des éleveurs et des bergers qui travaillent à l’ancienne et font perdurer des pratiques rurales et ancestrales qui font aussi notre fierté. Ne rien faire serait ne pas reconnaître son importance et donc la laisser s’éteindre. On leur souhaite bon courage dans ce combat <3

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