Après la crise sanitaire arrive la crise économique : pour beaucoup de petites entreprises, notamment les restaurants, les bars et les commerces, le coronavirus a créé un gouffre budgétaire et une inquiétude palpable. Intervient alors le héros des temps modernes, le phare dans la tempête, celui qui, quand il fait bien son travail, aide à y voir plus clair, j’ai nommé : le comptable. Pour dépanner les entreprises en galère, on a demandé à Cédric, un comptable trentenaire aussi gourmand que nous, quelques conseils pour mieux gérer cette reprise et ne pas passer à côté d’aides ou de bons plans. Bien sûr, c’est une liste non-exhaustive mais, pour certains, ça peut déjà filer un petit coup de main.

Les choses à savoir sur la partie salariale

Concernant le chômage partiel, n’hésitez pas à continuer de l’utiliser, même avec l’ouverture des restaurants et des magasins, surtout si vous avez moins de personnel sur place, du fait des nouvelles mesures de sécurité et de distanciation. Pour le moment, même si la prise en charge par l’État est en baisse, il n’y a pas de date de fin pour ces mesures d’indemnisation et cela peut alléger considérablement vos dépenses.

Concrètement, si vous bénéficiez du chômage partiel, votre entreprise devra d’abord avancer, à la fin du mois, le salaire des employés. Le 15 du mois suivant, vous n’aurez pas besoin de payer toutes les charges : seulement la prévoyance, la mutuelle et la CSG (Contribution Sociale Généralisée). Enfin, dans le courant du mois suivant, l’ASP (Allocation de Sécurisation Professionnelle) remboursera le montant net des salaires avancés.

À savoir également : pour des employés payés entre le SMIC (10,03 euros brut par heure) et 11,50 euros de salaire brut horaire, les entreprises n’auront pas de restes à charge en profitant du chômage partiel. C’est l’ASP qui prend quasiment 100 % à sa charge (attention : ce n’est pas tout à fait 100% car les entreprises doivent prendre tout de même en charge certaines charges patronales, comme la prévoyance, mutuelle, une partie de la CSG). Au-delà de ces montants, et jusqu’à 4,5 fois le SMIC, l’entreprise (commerce, magasin, etc) devra prendre à sa charge 15%. Par contre pour les HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants), la prise en charge est totale jusqu’à 4,5 fois le SMIC.

The Office

Les choses à savoir sur les aides financières

N’hésitez pas à continuer de demander les différentes aides possibles, à redécouvrir en détail par ici : Étudiants, salariés, auto-entrepreneurs : quelles aides financières pendant la crise du Covid-19 ?

N’hésitez pas aussi à regarder votre contrat d’assurance de perte d’exploitation : que ce soit auprès de banques ou d’assurances, vous avez la plupart du temps le droit à une indemnité pouvant aller de 1 500 à 20 000 euros.

Améli, l’assurance maladie, subventionne également 50 % des achats luttant contre le Covid : gel, masques, mesures barrières et de distanciation, gants, lingettes, écran tactile etc. à partir de 500 euros si vous êtes seuls dirigeants, et 1 000 euros si vous avez des salariés ! Ce serait dommage de ne pas en profiter. En savoir plus.

Les choses à savoir sur les impôts et les cotisations Urssaf

La date (tant redoutée) de la déclaration de revenus sur impot.gouv est pour tous le 11 juin. MAIS, si vous êtes un indépendant (auto-entrepreneur, gérant de SARL) vous pourrez, grâce à votre expert comptable, établir la déclaration pour le 30 juin.

Attention c’est la première déclaration post-année blanche, donc il y a quelques petites choses à surveiller :

  • Attention à penser au solde des impôts à payer pour septembre. En effet, les prélèvements de l’année 2019 ne suffisent pas toujours à couvrir votre solde à payer (problème de taux, prélèvement tardif, etc) et il faudra donc, peut-être, payer en septembre un complément, à prévoir dans votre budget.
  • Attention aussi à bien mettre à jour le prélèvement à la source de 2020. Les revenus seront sans doute plus faible en mars, avril et mai par rapport à l’année dernière pour les dirigeants qui ont dû prendre moins de salaire ou pas de salaire du tout. Il faudra calculer cet impact au niveau de vos impôts de 2020 et aussi des cotisations sociales (URSSAF et autres).

Pour conclure, pour les restaurants qui reprennent : pour bien vivre cette étape économique compliquée, restez vigilants sur les choix que vous faîtes concernant votre activité. Entre choisir de faire de la vente à emporter, de recommencer votre activité traditionnelle ou de faire les deux en même temps, vos horaires d’ouverture etc., étudiez bien le rendement de ces différentes options pour ne pas vous retrouver sous l’eau.

Pour info, avec les distanciations des tables et donc le manque de volume, ainsi que le paiement des salaires, la vente à emporter peut, grâce au chômage partiel, être encore privilégiée quelques temps. Mais, avec la réouverture de tous les restaurants, il faudra tout de même rouvrir l’activité traditionnelle pour ne pas se retrouver à la ramasse, car la vente à emporter va diminuer au fur et à mesure.

Bon courage à tous !


Un grand merci à Cédric Lacombe, comptable pour Horizon Galini

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