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Pourquoi les marches des ponts de Rivetoile sont-elles si diaboliques ?

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L’été dernier (cette belle époque où le coronavirus était encore inconnu), alors que je me baladais tranquillement du côté de Rive Étoile, je me suis confrontée à un obstacle de taille : les marches des passerelles de la Presqu’île Malraux. Mais si, vous savez, ces marches qu’on ne sait pas vraiment comment aborder, car leur taille et leur largeur ne correspondent à aucun format que nos cerveaux ont un jour enregistrés. Du coup, intriguée par cette construction atypique, j’ai lancé un sondage sur notre compte Instagram pour savoir si vous aussi, vous aviez déjà remarqué cette spécificité. Et visiblement, oui :

Qu’à cela ne tienne ! Il ne m’en fallait pas plus pour enfiler ma cape et mon masque car j’avais désormais une mission : découvrir la vérité derrière l’affaire des marches des passerelles de la Presqu’île Malraux. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Les Strasbourgeois avaient le droit de savoir qui leur en voulait autant.

Pour débuter ma Pokinvestigation de qualité, j’ai commencé par vous demander vos théories, à vous Strasbourgeois concernés et plein d’imagination. Et des théories, vous en aviez. Beaucoup.

Parmi ces théories, une seule est vraie. Car oui, amis curieux, nous avons la réponse à la question que vous vous posez tous. Et pour l’obtenir, nous avons contacté le cabinet Feichtinger Architectes, en charge précisément de la conception des passerelles de la Presqu’île Malraux. Pour info, l’architecte Dietmar Feichtinger est internationalement reconnu et a reçu un nombre incalculable de prix. C’est à lui que l’on doit, entre autres, la magnifique passerelle permettant d’accéder au Mont-Saint-Michel ou encore la passerelle Simone de Beauvoir à Paris.

Mais revenons à nos marches : dans le cadre du “grand projet urbain des Deux Rives”, la Presqu’île Malraux a été repimpé en 2005 pour devenir “un lieu de référence fort en matière d’animation urbaine et de vie culturelle avec la présence de la Cité de la Musique et de la Danse, la médiathèque André Malraux, le centre commercial Rivetoile, le complexe UGC Ciné Cité, la station tram Winston Churchill”. Et c’est dans ce contexte que la ville a fait appel à notre fameux architecte, Dietmar Feichtinger, pour conceptualiser les passerelles. On lui a donc passé un coup de fil pour lui demander POURQUOI il les avaient imaginées ainsi (avec une largeur et une hauteur atypique). Et enfin, mesdames et messieurs, votre patiente va être récompensée car voici la réponse tant attendue :

“Les passerelles ont été imaginées ainsi pour deux raisons : d’une part pour les rendre accessibles aux cyclistes, aux personnes à mobilité réduite et aux poussettes. C’était une demande de la ville et étant donné qu’on ne pouvait construire d’ascenseur, il fallait que les passerelles puissent être inclusives. Nous les avons donc prolongées par des rampes en métal qui facilitent l’accès à la Presqu’île, pour tous. D’autre part, les marches ont cette forme atypique car il fallait également respecter le gabarit des bateaux qui passent en dessous, grâce à une courbe en élévation. Il y a donc un accès plus long mais inclusif par la rampe et un accès direct par les marches qui épousent la géométrie du gabarit des bateaux.”

Et voilà, chers amis : loin de vouloir nous torturer avec ses marches, Monsieur Feichtinger cherchait simplement à nous aider à vivre en parfaite harmonie, et ça c’est beau. Et comme l’a si bien fait remarqué une consœur : “pour une fois que ce sont les valides qui galèrent dans l’espace public au profit des non-valides, c’est pas si mal !” Donc, chers Strasbourgeois, la prochaine fois que nous traverserons la Presqu’île, nous pourrons donc, au lieu de crier au scandale, avoir une petite pensée émue pour cet artiste architecte si peu reconnu.

Et pour vous aider à mieux appréhender ces fameuses marches sans devenir fous, on vous a préparé un petit tuto pas piqué des hannetons. À vous les studios !

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Commentaires (3)

  1. Bonjour Mme Coraline.
    Déjà bravo pour avoir osé une investigation sur ce sujet. Je n’habite plus Strasbourg mais ces marches me rendaient fou.
    En revanche pour les conclusions de votre investigation, c’est l’échec : le mystère reste entier !
    La rampe inclusive et tout ça, c’est super on est d’accord mais c’est pas le sujet ! C’est pas là que se trouvent les marches démoniaques.
    L’histoire du pont en harmonie avec le gabarit des bateaux : c’est très poétique, c’est magnifique, tout ce qu’on voudra mais ça n’explique que la forme du pont, et nullement l’aspect et les dimensions des marches. Le pont pouvait avoir la même forme avec des marches “normales” / non démoniaques.
    Voila, c’est tout ce que j’avais à dire.
    Ps : les foulques me manquent.
    Cordialement,

  2. Ces marches sont une horreur… Il faut être honnête, ils se sont complètement ratés, c’est tout. On apprend ce genre de côtes en première année d’archi…
    Pour l’histoire de la forme du pont (qui n’explique pas les marches), investiguez encore un peu et vous apprendrez que pas de bol, ils se sont plantés aussi… Il manque quelques dizaines de centimètres pour que ce soit aux normes du cahier des charges. Et du coup, y’a des bateaux qui passent pas… Bravo, vraiment.

  3. > ” les marches ont cette forme atypique car il fallait également respecter le gabarit des bateaux qui passent en dessous, grâce à une courbe en élévation. Il y a donc un accès plus long mais inclusif par la rampe et un accès direct par les marches qui épousent la géométrie du gabarit des bateaux ”

    Je ne suis pas architecte, mais la partie supérieure d’un pont n’a pas à épouser la partie inférieure. C’est même l’un des principes de base de tous les ponts. D’ailleurs la plupart des ponts font des arcs et des enjambées en dessous, alors qu’ils sont parfaitement plats en haut ou très légèrement courbés. Est-ce qu’il y a une justification technique pour que, ce pont-là, soit obligé de ne pas suivre cette logique ?
    Tout ce qu’ils disent, c’est qu’ils ont épousé la forme interne du pont. Ça fait plusieurs centaines d’années qu’on sait que pour faire des escaliers les moins dangereux possibles il faut avoir des marches régulières – ou avec des paliers – et depuis le siècle dernier on a même des tas d’études scientifiques qui ont déterminé les hauteurs/largeurs/profondeurs optimales pour n’importe quelle situation.

    Quant à la remarque de la consœur :
    > ” pour une fois que ce sont les valides qui galèrent dans l’espace public au profit des non-valides, c’est pas si mal ! ”

    C’est une remarque faussée de bout en bout ! Depuis quand c’est “pas si mal” de faire galérer qui que ce soit dans l’espace public ? Lorsque même les valides ont des problèmes sérieux à utiliser une infrastructure, qu’en est-il des moins valides ? Est-ce que c’est approprié de parler de “galère” quand des gens se viandent dans ce pont à cause de son design ? Le jour où une grand-mère s’y fracasse le crâne en tombant, on en dira quoi ?

    C’est bien qu’ils aient pensé à faire un pont qui forme une rampe accessible aux handicapés. Mais quitte à y ajouter un accès direct, ils auraient pu faire un escalier ou une rampe normaux.

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