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Deux jours sans aucun écran en confinement : bon plan ou juste ennuyant ?

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Au début du confinement, pour beaucoup d’entre nous, les grands médias constituaient une sorte de repère quotidien un peu étrange. La seule fenêtre ouverte sur un monde extérieur bien flippant sur lequel j’avais, personnellement, besoin de m’informer. Pourquoi faire ? Aucune idée. Ce n’était qu’un flux continu d’informations anxiogènes, mais c’était inédit, du jamais vu. Alors chaque matin, chaque midi et chaque soir, je laissais tourner la télé, je cherchais des infos sur un pays en galère ou sur l’éventuelle arrivée d’un remède miracle… Et pendant ce temps-là, l’épidémie continuait à prendre de l’ampleur, quoi qu’en disent les éditorialistes.

Tous les écrans étaient devenus des amis toxiques qui jugeaient bon de me rappeler à heure fixe que pendant les dernières 24 heures, X personnes avaient passé l’arme à gauche. Alors, j’ai simplement décidé de me lancer un petit défi : couper l’accès à tous mes écrans, et donc à toutes sources d’informations médiatiques et personnelles, pendant 48 heures. Juste pour voir comment les choses se passaient, ou plutôt comment le temps passait. Ce n’était pas une expérience difficile mais certaines observations m’ont appris de nouvelles choses sur nos relations aux écrans, en temps normal, mais aussi et surtout sur l’adaptation de cette relation à une période de crise et d' »enfermement ».

Une consommation d’écrans excessive ?

Très logiquement, la consommation numérique a explosé ces dernières semaines : elle est devenue virale et globalisée, selon le webzine Forbes. Un Français passe en moyenne entre 4 et 5 heures quotidiennes sur ses écrans, tout types confondus (ordi, tablette, téléphone..). Mais le confinement est passé par là et les chiffres grimpent depuis le début de la crise chez les Français, notamment concernant la consommation de grands médias d’informations comme la télévision.

Pour ma part, je dois tourner autour de 7 heures journalières. Je travaille chaque jour les yeux fixés sur un écran d’ordinateur et mon téléphone est mon plus grand ennemi. Je le consulte à outrance, et encore bien davantage lorsque l’incertitude et l’angoisse sont au rendez-vous de l’actualité médiatique. Il y a aussi la télé dans le salon que je n’allume jamais. Mais c’est pareil, au début du confinement j’ai changé mes habitudes : elle me servait désormais à être constamment au courant de l’évolution de la situation, alors qu’avant je ne l’allumais tout simplement pas.

Voilà trois compagnons qu’il a fallu congédier en même temps, uniquement pendant 48h. Le plus difficile étant, pour moi, le téléphone. Sachant qu’un Français le consulte en moyenne 221 fois par jour et que je dois tourner autour de 400… avec l’emballement médiatique de ce confinement, l’expérience s’annonçait sportive.

Note de l’auteur : Je vis en colocation, ce qui a évidemment simplifié ce choix de me couper des écrans, qui représentent un lien social indéniable pour ceux qui vivent seuls. L’expérience aurait été bien sûr plus complexe dans ce cas.


Jour 1

Quelques instants après la déconnexion…

Je me suis donné un top départ pour les 48 heures sans aucun écran. Deux minutes plus tard, quand j’ai commencé à penser à autre chose et à vaquer à mes occupations habituelles, j’ai instinctivement mis ma main à la poche. Pas de vibration, pas de son, juste un réflexe à la con. J’étais dedans jusqu’au cou, c’était pathétique. Une heure de confinement m’avait suffi pour me rendre compte que le téléphone était dans tous mes déplacements de confiné. Même quand je faisais quelque chose que je considère constructif, ce con d’iPhone m’envoiyait des signaux :

  • Mon téléphone : tiens, tu as du louper un truc super important dans les médias ou dans la vie de tes potes pendant ces deux dernières minutes, si j’étais toi j’irais vérifier…
  • Moi : oui monsieur...
  • Mon téléphone, deux minutes plus tard : t’as vérifié France 2, France 3, BFM, LCI, France Info ? Facebook ? Twitter ? Ils ont forcément dit un nouveau truc super important sur le Corona blabla…
  • Moi : tu as raison je vais vérifier à nouveau…

Perte de temps maximale : la vie après les infos sera la même qu’avant les infos…

Une heure après la déconnexion…

Pendant une heure je me suis d’abord un peu bousculé pour ne pas toucher à mon téléphone qui était bien évidemment dans ma poche. Mais j’y pensais, et plus on y pense… plus on y pense. La preuve si il en fallait que le geste qui consiste à consulter son écran (la fameuse main à la poche sans regarder) est de l’ordre de l’inconscient.

Je n’avais pas réellement envie de voir si j’avais des messages ou si Trump avait dit une nouvelle connerie, mais je ne pouvais pas vraiment lutter contre mon cerveau qui me soufflait :

Aller, check un coup, juste pour voir qu’est ce que tu risques ?

Quoi que je faisais, je continuais, de temps en temps, à toucher ma poche sans même y faire attention. Comme si j’avais pu le perdre dans mon salon, un peu comme lorsqu’on sort d’un bus ou d’un Uber : on check ses poches un peu en panique avant qu’il reparte. Moi je le faisais quand j’allais pisser…

Mon cerveau : c’est bon il est là dans ta poche, tout est ok ne t’inquiète pas
Ma logique : vraiment ?
Mon cerveau : check à nouveau dans deux minutes, juste pour être sûr…
Ma logique : ça roule

Il y a donc l’information : PRENDRE DES NOUVELLES DE SON TÉLÉPHONE PRENDRE DES NOUVELLES DE SON TÉLÉPHONE PRENDRE DES…puis l’action inconsciente : mettre sa main à la poche pour se rassurer.

Si ça c’est pas une forme d’addiction…

J’ai alors essayé de ne même pas avoir la première pensée (toujours celle qui t’amène naturellement à poser la main sur la poche). De ne plus penser aux infos ni au téléphone. Alors j’ai tout simplement mis mon téléphone dans la cuisine et j’ai fait ma vie.

Mais même après l’avoir « planqué », j’ai continué à tâter ma poche, deux fois au moins, alors que putain… je savais très bien que je ne l’avais plus sur moi. C’est dire si les habitudes 2.0 du quotidien sont coriaces, et pour moi encore bien davantage quand le monde part en couilles et que tu t’es mis au défi de ne pas regarder les choses en face.

Quelques heures après la déconnexion, le début du temps long…

J’ai sagement rangé ma chambre, appris une maxi recette, fait un tournoi de ping pong dans mon salon, mangé un sachet de kit-kat ball format familial, bu 4 cafés, parlé à mes plantes, observé le vide qui passe par la fenêtre, profité des premiers rayons de soleil pleins de chaleur. Bref, je me suis occupé en étant totalement déconnecté des écrans et des médias et donc de la crise. Mes colocs m’ont bien interpellé en disant des choses comme : « t’as vu en Italie…. « , « noooon, je ne veux pas le savoir. »

Alors j’ai posé des idées sur papier, encore pour m’occuper : boulot, vacances, résolutions, films à regarder, musiques à écouter, vieux amis à contacter… En gros tout ce que j’écrivais habituellement dans les notes de mon téléphone et qui constituent, encore aujourd’hui, une liste de mots incompréhensibles que le « cloud » trimbale sur mes appareils depuis 2010.

  • Première observation : avant d’avoir un téléphone du futur auquel je comprends quedal, j’aurai pris un post-it ou ce même carnet. Mais par habitude j’écris, comme tout le monde, dans les notes du téléphone. Même pour une action si simple l’écran se substitue au papier. Du coup les notes s’entassent et ne sont JAMAIS relues. Pratique.

La première journée s’est donc passée sans trouble particulier, bien évidemment. Ce ne sont que des écrans, mais il a tout de même fallu adapter mon cerveau à quelque chose auquel il n’est pas habitué, dans une situation inédite. Une double sensation cheloue.

Vers 19h, habituellement c’était « l’heure des chiffres…le décompte« . C’était bizarre mais même si elles étaient peu réjouissantes, ces infos me titillaient, 100..200..300 de plus, qu’est ce que ce nombre allait changer ? RIEN. Mais mon esprit de confiné avait simplement considéré que de m’abreuver de certaines infos à une heure précise était la clé de mon bien-être en ces temps difficiles. Ce gros mytho.

Première soirée, la grosse teuf…

Arrive le samedi soir, un moment où tu n’as généralement pas du tout besoin de téléphone puisque tu prends du bon temps avec tes potes. Du coup l’apéro s’est installé avec mes deux colocs et mon samedi soir s’est terminé sans écran très facilement comme d’habitude. Mais le sommeil arrivait…

  • Seconde observation : je ne connais pas les techniques des uns et des autres mais généralement, lorsque je suis un peu ivre et que le plafond bouge trop pour m’endormir, je laisse tourner quelques épisodes d’une série à la con pour sombrer, imbibé de bonnes ondes et de Riesling. Mais ce soir-là pas d’écran pour me sauver de l’ivresse, juste le silence et le vertige. Pas cool. Alors j’ai allumé une lumière de bébé et mis un pied hors du lit, comme si je venais de prendre ma première cuite. Je me suis alors rendu compte que même dans cette situation anodine, (un mec ridiculement ivre qui galère pour s’endormir), un écran est là pour m’accompagner dans mon sommeil…

Jour 2

La première matinée…

Qu’est ce qu’on fait instinctivement le matin lorsqu’on se réveille ? Téléphone. Mais pas ce matin-là, les nouvelles sur l’avancée du Corona attendront…

Il fallait s’occuper. Du coup on a fait un banquet, puis un poker, puis un gouter. C’est ce qu’on appelle tuer le temps, encore une fois pour ne pas faire ce qui aurait été « le plus simple » : s’installer devant un écran qui diffuse une chaîne d’info et resté le ventre noué sur son canapé.

24 heures après, s’occuper sans se préoccuper

Une fois le repas digéré, les copains se sont mis à jouer à la console, donc écran. Alors je me suis isolé dans ma tanière pour continuer l’expérience zéro écran zéro info. J’ai alors attrapé un bouquin de Sylvain Tesson :« Petit traité de l’immensité du monde ». Mauvais choix de lecture en confinement…

Je ne pensais plus du tout au téléphone, ni à l’ordi, ni aux infos, mais j’avais envie de faire du feu en forêt et d’apprivoiser des loups avec des notes de flûte. Alors que j’étais juste…enfermé, et pour longtemps. Un bouquin génial, mais mauvais timing, frustration maximale.

  • Troisième observation : quelquefois en lisant je mettais ma main à la poche pour vous savez quoi, il était toujours dans la cuisine…

Seconde soirée… grosse créativité

Encore et encore, quelque chose me poussait à m’informer sur l’évolution de la situation en attrapant mon téléphone ou en allant consulter un grand média national. Le coup de 19h, encore… j’ai préféré ranger mes affaires, mes fringues, comme un ado puni. Grosse créativité.

À ce moment précis, je m’était dit qu’avant de passer 48 heures sans donner aucun signe de vie j’aurais peut-être du prévenir ma famille, mes collègues et mes amis que je serai injoignable… 48 heures que la pastille verte ne s’est pas affichée sur Messenger : « machin était en ligne il y a 2 jours « . Bien trop long pour que personne ne s’inquiète.

  • Quatrième observation : À partir de quand l’absence numérique inquiète t-elle nos proches ? 12 heures ? 20 heures ? Il faudrait demander à mes frangins : ils ont sorti les chars pour me retrouver au bout de 8…

Jour 3

Deux jours c’est rien du tout, c’est ce qu’on se dit tous. Et bien c’est vrai, ce n’est rien, mais sans téléphone, sans ordi, on perd moins son temps, du coup et c’est d’une évidence absolue : on l’utilise mieux. Au départ c’était juste un peu troublant, puis les choses se sont passées très naturellement, on s’occupe, rien de compliqué. Mais c’est fou à quel point, au début du confinement, j’avais besoin d’accéder à des informations dures qui me minaient finalement le moral plus qu’autre chose..

Conclusions sur ce petit défi perso

  • La situation inédite et anxiogène du confinement a tout naturellement modifié les relations avec les infos, avec les médias et donc avec les écrans. En étant enfermés, on cogite plus, on doute, on veut en savoir plus sur la situation liée au virus. Et en savoir plus, ça veut dire plus d’écrans, plus souvent et plus longtemps. Et trop d’écrans dans ce contexte, c’est rajouter de l’angoisse à l’angoisse.
  • Du coup, logiquement : moins d’infos en continu = moins d’anxiété. En plus, l’utilité de consommer de l’information non stop dans ce contexte est proche de zéro.
  • Les habitudes prennent simplement quelques heures à être modifiées, même dans la situation particulière et inhabituelle que nous vivons
  • Sans écrans, on s’occupe autrement et on devient créatif, on s‘isole moins, on discute davantage avec ses partenaires de confinement, rien de surprenant. Mais par les temps qui courent et dans une colocation c’est très important.
  • Les écrans sont les petites veilleuses des temps modernes, ils sont là même pour nous aider à dormir, pas très cool (entre autres) pour la qualité sommeil.
  • Le rapport au temps est différent : une heure sur un écran c’est deux heures dans la vraie vie et autant de choses de ratées en communauté. Il n’est jamais trop tard pour le comprendre, je sais…
  • On consomme des écrans pour pas grand chose, juste pour les consulter et être informé/rassuré, mais rassuré de quoi ?
  • La « présence » et la « réaction digitale » semblent indispensables et constituent une sorte de preuve que « tout va bien » dans notre quotidien en ligne. Le simple fait de voir un point vert sur Messenger, un « lu » dans les sms ou un « en ligne il y a une heure » permettent de rassurer nos proches. Ils sont rassurés non pas sur le fait que vous allez bien mais sur le fait que votre téléphone est à coté de vous et que vous l’avez récemment consulté. Et ça c’est vraiment chelou.

ET VOUS, DEUX OU TROIS JOURS SANS ÉCRAN, FACILE OU JUSTE ENNUYANT ?

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