C’est une bien triste nouvelle que l’on a appris le jeudi 16 janvier : un lynx a été retrouvé mort dans la forêt de Fellering, commune située dans le Haut-Rhin. Pour rajouter de la colère à la tristesse, l’autopsie a révélé que l’animal a été abattu d’une balle dans la tête. Un acte de braconnage interdit et méprisable, alors que le lynx est une espèce protégée, au bord de l’extinction en France.

Le lynx, une espèce protégée

La population de lynx en France est très vulnérable compte tenu de son faible effectif et de sa fragmentation. Généralement, en plus de la mortalité naturelle, une mortalité d’origine humaine peut devenir préjudiciable à la survie d’une population. Cette mort d’un lynx le 16 janvier dernier, de surcroît due à un acte de braconnage, pose de nombreux problèmes.

Tout d’abord, parce que le lynx est une espèce protégée. Qu’est-ce que cela signifie ? Selon l’ami Wiki, « Une espèce protégée est une espèce (végétale, animal, fongique…) qui bénéficie d’un statut de protection légale pour des raisons d’intérêt scientifique ou de nécessité de préservation du patrimoine biologique. Il s’agit généralement d’espèce menacée dont le braconnage, le transport, les manipulations, et parfois l’approche ou la photographie sont au moins temporairement interdits (sauf autorisation dérogatoire spéciale) par divers organismes, sur tout ou partie de l’aire de répartition de l’espèce. »

Un climat dangereux autour des grands prédateurs

Elle est protégée, mais donc également menacée. « Il y a un vrai souci de conservation de l’espèce sur le territoire national » déclare Stéphane Giraud, directeur d’Alsace Nature. Réintroduit en 1983, la population ne doit sa très faible présence qu’à une longue suite de tueries, la dernière avant celle de 2020 remontant en 2003. Dans le massif des Vosges, il en reste cinq ou six, ce qui est très peu. A tel point que l’espèce bénéficie d’un plan régional d’actions.

Cette mort de lynx par balle dans la tête renforce un climat délétère autour des grands prédateurs. « Il existe un climat autour des grands prédateurs ancré dans les peurs villageoises et qui n’est pas en lien avec la réalité biologique des espèces. » Avec en outre des décisions comme la fin du plan Ours des Pyrénées décidée le 14 janvier 2020, où Emmanuel Macron affirme qu’il n’y aura plus de réintroduction d’ours durant son mandat, contrairement aux obligations européennes, « cela légitime les peurs et ce que certains peuvent faire impunément, à savoir tirer sur des espèces protégées. »

Une enquête a été ouverte, un prévenu a été identifié. Et celui-ci risque gros : trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. En espérant que cela n’arrive plus. Mais pour cela, il y a du travail.

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