L’hiver est une période difficile pour nos amis les animaux, et tout particulièrement les oiseaux. Il fait froid, la nourriture se fait rare et on pourrait être tenté de les recueillir et/ou de leur donner à manger. Sauf que parfois, vous le savez, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Et cette bienveillance peut finir par se révéler nocive. Alors on vous donne quelques conseils pour préserver une faune de plus en plus dépeuplée, une fois l’hiver passé.

Conseil numéro 1 : Ne surtout pas nourrir les oiseaux…

Sans doute avons-nous tous jeté du pain une fois à un cygne ou un canard. C’est une tradition et on pense bien faire. Néanmoins, cette pratique, bien que de bonne volonté, se révèle plus que dangereuse pour nos amis de la faune. Elle peut même se révéler mortelle.

Posture de combat

Il y a quelques mois, une trentaine de cygnes étaient retrouvés morts aux alentours d’Erstein dans le Bas-Rhin. La maladie ? Une entérite à clostridium, à savoir une grave infection des intestins. La cause ? Le pain jeté par les promeneurs et les passants dans lequel, au contact de l’eau du canal de décharge de l’Ill, se développent des bactéries, pouvant aller jusqu’au pourrissement.

Qu’il s’agisse de petits oiseaux ou d’oiseaux d’eau, leur système digestif n’est pas adapté à la digestion du gluten et du sel, présents en grande quantité dans le pain. Selon, Camille Fahrner de la Ligue Pour les Oiseaux (LPO Alsace), qui donnait déjà ces informations il y a plus de deux ans dans cet article : « C’est comme un enfant avec des bonbons. Ça leur coupe l’appétit et ils ne mangent plus les végétaux aquatiques qui sont la base de leur alimentation. Pour les petits ça leur fait de grosses carences. Ça peut mener à des maladies du foie car ils le digèrent mal, voir à des malformations osseuses, une mauvaise étanchéité du plumage et, des problèmes rénaux. » Des carences pouvant également toucher les plus grands.

Alors la prochaine fois, même si le cœur vous en dit, ne donnez surtout pas de pains aux oiseaux d’eau, ni aux autres ! Selon l’article 120 du règlement sanitaire départemental, il est même interdit de déposer de la nourriture aux animaux dans les lieux publics. Parce que s’il ne suffira pas d’un cygne, il suffira d’un bout de pain…

Conseil numéro 2 : Il est possible de nourrir les oiseaux de graines ou de nourriture végétale… mais seulement en hiver !

Néanmoins, la période froide et dure dans laquelle nous nous trouvons actuellement a également son importance sur les oiseaux d’eau et de jardin. Plus que le froid, c’est la faim qui représente une menace. Ils ont en effet besoin de davantage de nourriture, représentant le carburant indispensable à maintenir leur petit corps tout chaud. Mais les gelées, la glace et la neige les empêchent d’atteindre le sol ou l’eau. Dès lors, on peut et on doit les aider dans ces périodes plus difficiles. Si on le fait de façon régulière et jusqu’à la fin de cette période hivernale. Mais quelle nourriture donner ?

Selon les conseils de la LPO, les oiseaux d’eau sont majoritairement herbivores, ce qui signifie qu’on peut leur donner de la salade, du maïs cuit en conserve, du maïs dur ou encore du blé. Pour les oiseaux de jardin, ces derniers sont granivores. Vous ne pourrez donc jamais vous tromper avec des graines de tournesols. Pour le reste de la nourriture qu’il est possible de donner, je vous invite à suivre ce lien très détaillé.

Conseil numéro 3 : Installer une mangeoire, un nichoir ou un récipient d’eau

Le manque de calories peut vite être fatal aux oiseaux. On a dit plus haut que l’hiver était la seule période où l’on pouvait nourrir les oiseaux. Désormais, il faut se demander comment on peut faire. Pour celles et ceux possédant un jardin, il est possible d’installer des nichoirs et des mangeoires où l’on disposerait les graines de tournesol pour les oiseaux de jardin. Ces derniers ont également besoin d’eau, qu’ils ne peuvent parfois pas atteindre pour cause de gelées.

Exemple de mangeoire. Par Wikipedia Commons, Tiia Monto, CC BY-SA 3.0

Quelques petits conseils pour la nourriture : ne pas la jeter par terre mais la disposer dans une mangeoire abritée, nettoyer régulièrement les points d’eau et les lieux de nourrissement et enfin diversifier les aliments et prévoir plusieurs points d’alimentation. Pourquoi ce dernier point ? Puisque la concentration d’oiseaux sur un même point rend plus probable la transmission de maladies dangereuses.

Conseil numéro 4 : Comment aider les animaux en détresse ?

Cela peut vous arriver de vous promener et de voir sur le bord de la route un oiseau ou un petit animal très mal en point. Si vous souhaitez l’aider à retrouver du poil/plumage de la bête, il faut suivre quelques petits conseils.

Il faut capturer l’animal avec une grande prudence. Si c’est un oiseau, aidez-vous d’un tissu ou de gants, notamment pour vous protéger des serres des rapaces et des becs des échassiers, mais aussi pour éviter un contact avec d’éventuels parasites. Gardez également la tête de l’oiseau cachée, sous un torchon par exemple. S’il s’agit d’un mammifère, utilisez systématiquement des gants épais, pour éviter tout risque de morsures. Tenez toujours le corps au niveau des épaules et ne le manipulez jamais par un membre. Et si vous croisez un mammifère de grosse taille, appelez tout de suite le centre de soins le plus proche. Ou encore les pompiers si vous n’avez pas d’autres options.

Une fois l’animal capturé, isolez le dans un endroit calme. Le mieux serait un carton, adapté à la taille de l’animal, sous un couvercle percé de quelques trous pour qu’il puisse respirer. Par la suite, et c’est très important, ne le nourrissez pas ! Vous pouvez lui donner à boire mais, s’il ne veut pas, ne le forcez pas. Et le plus vite possible, acheminez le vers un centre de soins.

Il peut être difficile d’ignorer sa bonne volonté lorsque l’on souhaite nourrir des animaux ou leur porter assistance lorsqu’ils sont blessés ou en danger. La période hivernale est d’autant plus rude pour ces animaux, lorsqu’ils ne peuvent pas boire ou manger correctement. En espérant que ces conseils puissent vous aider, ainsi que nos amis les animaux. Parce qu’il faut continuer de préserver la faune strasbourgeoise…

1 commentaire

  1. Ces conseils sont valables pour les animaux sauvages vivant à Strasbourg. Pour le reste des animaux sauvages, ceux qui vivent en dehors des villes, le conseil le plus important est de manger BIO ! En effet, l’agriculture non bio décime les insectes, qui sont l’aliment principal de nombreuses espèces d’oiseaux. Chaque produit non bio acheté par un consommateur participe donc à décimer les insectes, et donc par ricochet les oiseaux et animaux sauvages.

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