Le Maillon, théâtre de Strasbourg , ouvre sa saison. Le Théâtre ouvrira ses portes les 23-24 novembre,nouveau lieu, nouveau départ mais une programmation toujours portée vers l’Europe d’aujourd’hui et les problématiques de notre génération. Pour l’occasion, on t’a concocté une petite sélection de spectacles, pour s’ouvrir au théâtre contemporain, ou simplement pour prolonger ton abo’ une année de plus, et découvrir leurs nouveaux locaux.

Pasionaria de Marcos Morau et La Veronal
Crédit photo : Alex Font

Le Maillon donne le ton

« Le Maillon acteur de la création contemporaine ». La messe est dite. Avec la signature d’une convention avec ses partenaires publics pour continuer sa mission d’ouverture vers l’Europe, une volonté de soutien à la création de nouvelles formes et langages scéniques, l’accueil d’artistes internationaux, allant de la résidence à la diffusion de leurs créations, et aux coproductions… Le Maillon continue de se réinventer, et de proposer une ouverture au public, qui est cette année directement invité à s’approprier ce nouveau lieu : « Entrez en scène : c’est avec vous que nous allons habiter le théâtre », nous annoncent-ils.

Tout semblait immobile de Nathalie Béasse Crédit photo : Wilfried Thierry

2019, L’Odyssée de l’espace ?

Après le monolithe de Kubrick, voici celui du Maillon. Gros bloc noir posé dans la ville (toujours au Wacken, à quelques mètres de l’ancien, mais flambant neuf), invitant à la curiosité, et à l’éveil des consciences, la connaissance. Et le tout, avec beaucoup d’espace. Alors : 2019, l’Odyssée de l’espace ? Avec l’ouverture d’une deuxième salle, davantage d’adaptabilité (possibilité de moduler le placement des gradins et par-là même, de proposer des formats de spectacles différents), et un questionnement sur la place de l’humain dans l’espace, dans un monde à reconstruire… Que nous réserve donc cette nouvelle saison du Maillon ?

Le mur en mouvement d’Espæce d’Aurélien Bory
Crédit photo : Aglae Bory

Une sélection aux petits oignons

#1 – Le plus hypnotique :

Cementary, de Patricia Apergi et de Aerites Dance Company.

Une déambulation chorégraphiée d’une poignée de danseurs, incarnant des sans-abris et symboles d’une génération sacrifiée par des crises économiques et sociales qui se retrouve dans une ville imaginaire où il faut se reconstruire. Difficile d’oublier le pays d’origine de la metteuse en scène : la Grèce, elle-même victime en 2008 d’une crise économique qui continue d’accabler son peuple et sa jeunesse.

Avec une scénographie qui semble sobre mais efficace en faisant la part belle à ses interprètes, Patricia Apergi s’interroge sur l’après, l’avenir. A découvrir.

Du 3 au 4 mai [Plus d’infos]


#2 – Le plus participatif :

STRANGER d’Emke Idema.

Un spectacle participatif sur le principe du jeu de société. Un jury. Des règles farfelues. Et surtout, une réflexion sur le regard que l’on porte sur l’autre, le poids des a priori.

« Un laboratoire social ludique, aussi hilarant que révélateur », nous dit le programme.

A vous de jouer !

Du 28 au 29 avril [Plus d’infos]


#3 – Le plus immersif :

Société en chantier de Stefan Kaegi et Rimini Protokoll.

Tu trouves que les chantiers strasbourgeois prennent du temps ? Que penses-tu de ces méga-chantiers qui durent des années, coulant dans le béton ?

Une réflexion tout en immersion, autour du milieu de la construction. Du projet qui casse pas des briques, en passant par les jeux de pouvoir des promoteurs, aux ouvriers qui posent la première pierre… Le spectateur est invité à déambuler et prendre part, casque sur la tête, à un sacré chantier.

Du 14 au 16 mai [Plus d’infos]


#4, #5 et #6 – Les plus ciné-nigmatiques :

Joueurs + Mao II + Les Noms de Julien Gosselin et du collectif Si vous pouviez lécher mon cœur.

Inspirée de 3 romans de l’américain Don DeLillo, et présentés au festival d’Avignon l’an dernier, cette trilogie de spectacles dépeint un monde rongé par l’individualisme, le terrorisme, le capitalisme… Une réflexion autour de la violence, une touche de politique, un questionnement sur l’intimité. Le tout dans une esthétique cinématographique.

Que rend le cinéma au théâtre ? A toi d’aller voir ça de plus près… Possibilité de venir assister à 1, 2 ou 3 spectacle(s) : la trilogie elle-même dure 9h15 sans entracte. Oui. Tu as bien lu. On part sur de la grosse perf artistique. Mais je te rassure : tu es libre d’entrer et de sortir pendant la représentation. Un moment de vie au théâtre, une expérience à part.

Du 12 au 19 janvier [Plus d’infos]


#7 – Le plus poétique

Fidelis Fortibus, du Circus Ronaldo (avec Lotte van den Berg).

De la fantaisie belge, du clown, les codes du cirque, le tout habité par Danny Ronaldo (issu d’une famille de circassiens) qui hante le cimetière d’un cirque qui n’est plus, avec justesse, adresse et poésie, et le fait revivre dans un seul en scène qui promet une bonne dose d’émerveillement. Un spectacle pour se laisser surprendre, comme tout petit.

Attention : pour voir Fidelis Fortibus, faudra prendre le bus ! Le spectacle sera présenté à Offenburg, en partenariat avec Le Maillon (navettes dispo).

Du 19 au 23 mai [Plus d’infos]


#8 – Le plus SF :

Pasionaria des Espagnols Marcos Morau et La Veronal.

Qu’est-ce qui distingue le robot de l’humain ? Dans une chorégraphie robotique, au millimètre près, Marcos Morau nous plonge dans un univers à la frontière entre l’anticipation et la dystopie, questionnant ainsi notre déshumanisation et notre monde moderne.
Et visuellement, ça claque.

Du 27 au 29 novembre [Plus d’infos]


#9 – Le plus « confiance aveugle » :

Rémi de Jonathan Capdevielle.

Quelques croquis seulement pour se faire une idée de son adaptation du célèbre roman Sans famille. Mais suivant le travail de Capdevielle de près depuis quelques années, je mise sur le premier spectacle tout-public de cet artiste multi-casquette : comédien, metteur en scène, marionnettiste, ventriloque, danseur et chanteur… Attention : artiste coup de cœur.

Chaque saison, on retrouve son nom sur un des programmes des théâtres de la ville, en projet-solo ou collaboration avec la plasticienne et metteuse en scène/chorégraphe Gisèle Vienne dans des spectacles parfois glaçants, dérangeants mais surtout fascinants.

Du 16 au 19 juin [Plus d’infos]


#10 – Le plus décalé :

Tout semblait immobile de Nathalie Béasse.

Une conférence de presse sur les contes de fées qui dérape. Décalé, poétique, musical et visuel. Dès 10 ans, donc grands enfants bienvenus.

Du 1er au 4 avril [Plus d’infos]


Bref, tu l’auras compris, tu trouveras au Maillon pas mal de théâtre participatif et/ou immersif cette année. Une bonne manière d’amener le public à se questionner sur ce nouvel espace, et sur la société qui nous entoure. Théâtre, cirque, danse, musique, ciné… Les arts s’y croisent et se mélangent et comme le projet « Moving borders » : on bouge les frontières.

Alors, de cette programmation riche et chargée (une trentaine de spectacles au total), il serait plus simple de ne pas avoir choisir et de te dire d’aller à tous. Car le théâtre est aussi le lieu de la surprise et souvent, il est bon de bousculer ses attentes.

L’info bonus : Le Maillon cherche des bénévoles pour certaines de ses créations de la saison, et propose également des ateliers, des expositions et soirées spéciales tout au long de l’année.

…Allez, n’hésite plus : le spectacle vivant t’attend !


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>> Fanny Soriano <<

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