Pour leur douzième édition, les Bibliothèques idéales rentrent officiellement dans leur adolescence. Pas de crise ou de puberté gênante, mais plutôt plus de 150 artistes sur une dizaine de jours. Certains connus, d’autres moins, mais tous là pour débattre et tenter de s’arrêter un moment, pour poser les mots sur notre réalité d’aujourd’hui. Dans toute sa beauté, comme dans sa cruauté et sa vacuité. Du 5 au 15 septembre, la musique, la poésie, la bande-dessinée et bien sûr la littérature seront au rendez-vous strasbourgeois ! Et comme chaque année, c’est gratuit !

Un événement pour tous, initiés comme novices

Les Bibliothèques idéales s’adressent à tout le monde. Enfin, pas tout à fait : aux curieux, aux rêveurs, aux émotifs, aux assoiffés de culture ou encore à ceux qui osent aller au-delà de leur zone de confort, pour confronter leurs idées et envies à une autre réalité.

Pour ma part, n’ayant jamais été grand fan de ces manifestations culturelles, j’avais tout de même été tenté il y a deux ans par Abd Al Malik, parti à la rencontre d’Albert Camus. C’était brut, pur, fort et ça m’a fait réaliser à quel point la musique pouvait s’approprier des textes en les magnifiants par une sensibilité particulière. Du coup, dans mes recommandations, attendez-vous à voir beaucoup de musique !

« La littérature m’a toujours donné cette impression qu’il y avait un incendie quelque part et qu’il me fallait l’éteindre. »

Cette phrase de Françoise Sagan ne s’applique pas qu’à notre climat actuel propice aux feux en tout genre. Elle dénote une urgence absolue d’écouter, lire, analyser, comprendre. Alors que de plus en plus on ne s’écoute plus, cherchant à gagner un débat plutôt qu’à débattre, les Bibliothèques idéales ont le mérite de rassembler, du 5 au 15 septembre, plus de 150 écrivains et artistes, autour de plus de 100 débats, rencontres, lectures, musiques et projections.

Les Bibliothèques idéales c’est l’occasion d’échanger sur ce dont on est d’accord mais aussi sur ce dont on n’est pas d’accord. Personnellement, vous pourrez donc me retrouver au premier rang de la conférence de Michel Onfray le 5 septembre, mais également chez Jacques Attali le 8 septembre et surtout chez Tic Enthoven et Tac Glucksmann le 15 septembre. Allez, c’est parti pour les recommandations !

Jacques Brel, Charles Aznavour, Youssoupha, Riad Sattouf et Francis Huster : la première semaine frappe fort d’entrée !

La journée d’ouverture le 5 septembre se tiendra à l’Opéra National du Rhin.

Si Boris Cyrulnik a son intérêt, c’est surtout la dernière représentation de la soirée qui me donne envie : cinq chanteuses et l’orchestre philharmonique de Strasbourg chantent le Grand Jacques, Brel de son matricule. À 20h30, ce sera donc un grand et bel hommage à un des paroliers les plus influents de la chanson francophone. À ne rater sous aucun prétexte !

Si vous n’aviez qu’une seule journée aux Bibliothèques idéales, faites que ce soit celle du vendredi 6 septembre ! Riad Sattouf, dessinateur d’extrême talent, vient sur le thème de ce que pensent les enfants d’aujourd’hui. De l’auteur des Carnets d’Esther, on ne peut s’attendre qu’à du bon ! Une rencontre est prévue à 17h avec le dessinateur, entre deux séances de dédicaces, toujours à l’Opéra.

Suivent Éric Fottorino, Pierre Lemaitre et Véronique Olmi, à 18h, toujours à l’Opéra, sur le thème « Qu’est-ce qu’une vie sans travail ? ». Puis vient Hip-Hop’era : une battle qui réunit hip-hop et opéra, à 20h. Tout cela, avant le gros morceau de la soirée : Youssoupha. A 20h30 à Opéra, le rappeur engagé livrera une version acoustique de son album Polaroid Experience, avec violoncelliste et pianiste !

Le dimanche 8 est dans la même veine avec l’inimitable Abd Al Malik qui écrit les fractures de la France à midi. Toujours en chanson, en hommage à un parolier extraordinaire, accompagnés par Gérard Daguerre Léopoldine HH et Vincent Dédienne chantent Charles Aznavour à 16h30, dans un moment de poésie qui risque d’en faire pleurer certains.

Puis à 19h, ce sera une passion déchirante et brûlante qui vous sera narrée : l’amour entre Kafka et Milena, par Charles Bering et Stanislas Nordey. Pour finir en beauté avec Francis Huster à 20h, racontant la vie tumultueuse, passionnante et révoltée d’un des plus grands auteurs français de l’Histoire : Molière

Du génie alsacien, un seigneur, Romain Gary, Gainsbourg et Miles Davis pour une belle deuxième semaine !

La deuxième semaine commence doucement. Le mardi 10 septembre, c’est
Ginette Kolinka qui vous parlera de la mémoire vive des rescapés de la Shoah à 18h30 à la Cité de la Musique et de la Danse. Puis viendra le tour de Philippe Val et de Mohamed Sifaoui qui viendront porter, dès 19h, un regard noir et cru sur nos histoire politique, sociale et culturelle, posant la question : à quelle liberté pouvons-nous prétendre ? Suivant cela, le réalisateur chilien Alexandro Jodorowsky, accompagné de son épouse plasticienne Pascale Jodorowsky, dévoilera en avant-première des images de son nouveau film. Clown mystique, thérapeute surréaliste, préparez-vous à imaginer et rêver !

La journée du mercredi 11 sera très éclectique avec le reporter de guerre portugais José Rodrigues dos Santos qui nous interrogera sur qu’est-ce que la beauté, à 19h. Pour savoir si elle sauvera le monde en revanche, allez demander à Dostoïevski… Enfin, à partir de 18h30, ce sera le génie alsacien qui sera mis à l’honneur à la CMD, et plus précisément la langue des poètes : Claude Vigée, Hans Jean Arp et Tomi Ungerer seront célèbrés, pour leur talent avec les mots.

Le vendredi 13 septembre verra un retour sur le génie et l’irrévérence de Romain Gary, à 15h à la CMD. À 17h, il y aura une rencontre sur le thème « Rien n’est insurmontable pour une femme » avec Monica Sabolo, Léonora Miano et Olivier Delacroix. Et pour la soirée, vous allez être comblés : Erik Orsenna, accompagné de Bruno Bongarçon à la guitare, racontera la complexité de la vie d’un auteur qui a toujours oscillé entre légèreté et tragédie, et s’y perdant parfois : Beaumarchais.

Pour finir en beauté, le seigneur Tony Gatlif débarque à Strasbourg pour les Bibliothèques idéales, en exclusivité pour célébrer ses 40 ans de carrière. Pendant ces 40 années, Tony Gatlif a construit la mémoire du peuple qu’il ne cesse de défendre : les gitans et les tziganes. Avec la chanteuse et danseuse de flamenco Karine Gonzalez, accompagnée de ses musiciens, préparez-vous à découvrir une culture dont vous n’êtes sans doute pas spécialistes.

Arthur H sera présent à la CMD le samedi 14 septembre à 16h30 pour nous prouver que la liberté est un sentiment très impur, avec Fugues, un ouvrage en hommage à sa mère et son enfance. À 20h, Geneviève Fraisse, Ivan Jablonka et Inna Shevchenko examineront le féminisme, les nouvelles masculinités et l’importance des artistes femmes. Enfin, à 21h, on se tait et on laisse Jean Fauque s’exprimer. Parolier célèbre d’Alain Bashung dans une cinquantaine de magnifiques chansons, il racontera des anecdotes dans son parcours, entre chansons et lectures.

Enfin, pour clôturer les Bibliothèques idéales en beauté, le dimanche 15 septembre, Grégory Ott trio, Léopoldine HH et Matskat chanteront et joueront Gainsbourg et Miles Davis, les enfants terribles, dès 16h à la CMD. Pour finir, elle a écrit pour des grands noms de la chanson française : Joëlle Kopf aura le droit à son hommage dans sa région, avec sa fille et ses amis, à partir de 20h, encore à la CMD.

Voilà donc quelques conseils et recommandations pour une dizaine de jours qui s’annoncent passionnants. Du 5 au 15 septembre, la Culture sera célébrée à Strasbourg, sous toutes ses formes. Et, il ne fait jamais assez bon de le répéter : le tout est gratuit ! Alors rêvez, soyez insouciants, curieux, héroïques même ! Parce que Strasbourg a besoin de culture, et ça commence toujours avec vous.


BIBLIOTHÈQUES IDÉALES

Du 5 au 15 septembre

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