Du 15 décembre 2018 au 3 mars 2019, l’Hôtel des Postes situé à la croisée du TNS et de la BNU, au coeur du quartier Neustadt, accueillera la première biennale d’art contemporain de Strasbourg. Durant onze semaines, une partie des 20 000 mètres carrés de l’édifice classé sera ainsi occupée par un lieu éphémère, croisant espace d’exposition, boutique et café, avant de laisser place aux travaux. À terme, l’Hôtel des Postes couplera notamment son historique bureau de poste avec une centaine de logements, des espaces de coworking, une brasserie-restaurant et une offre de stationnement en sous-sol.

Photo : Martin Lelievre

Une biennale d’art contemporain à Strasbourg

Cet hiver, l’Eurométropole accueillera sa première biennale d’art contemporain, un nouveau rendez-vous de taille dans l’agenda culturel strasbourgeois. Porté par l’association Impact, déjà co-instigatrice de l’exposition d’art contemporain Thrill qui avait occupé près de quatre mois le bâtiment historique de l’Ancienne Douane en 2012, l’événement souhaite créer la rencontre entre des artistes mondialement connus et le grand public européen, cette année et les suivantes autour d’une même thématique, celle de l’Homme à l’ère du numérique. Un sujet cher à Yasmina Khouaidjia, présidente d’Impact et commissaire d’exposition, qui cite ses filles adolescentes comme inspiration :

« En tant que mère, je suis confrontée constamment à un questionnement sur les valeurs et le changement de ces valeurs dans notre société, eu égard à la révolution digitale. En tant que citoyenne, je souhaite comprendre les enjeux du numérique et leurs conséquences sur notre société et notre avenir. »

Interactions sociales, vie privée, droits, devoirs et identité, la Biennale veut être le théâtre d’une réflexion collective au long cours sur la société numérique, en explorant tous ces questionnements actuels, qui occupent nombre d’artistes, via l’art contemporain. Pour cette première édition, ce sont dix-huit artistes représentant neuf nationalités qui débuteront la discussion sur la notion de citoyenneté à l’heure de la révolution digitale, au moyen de plus de quarante oeuvres pluridisciplinaires (installations, vidéos, photos, peintures et illustrations). Parmi ces artistes, on trouve notamment le strasbourgeois Vincent Broquaire, qui croque les rapports de l’Homme avec la nature, le germano-brésilien Harding Meyer, qui peint le visage humain à coup de pixel, ou encore l’américain Trevor Paglen, qui a contribué à la cinématographie du documentaire oscarisé Citizenfour sur le lanceur d’alerte Edward Snowden. On trouve également, sur dix-huit artistes, deux femmes : la chinoise Jia et l’allemande Sarah Ancelle Schönfeld.

Photo : Martin Lelievre
Photo : Martin Lelievre

D’autres lieux d’exposition devraient être annoncés, de même que des propositions en collaboration avec le Théâtre national et l’Université de Strasbourg ; autant d’événements qui viendront accompagner cette première édition de la Biennale appelée Touch me, traduisant la volonté de l’organisation de toucher le public à travers l’art contemporain. La boutique, le café et le bar de la Biennale, en accès libre, finiront de faire le lien avec les visiteurs curieux du lieu.

L’avenir de l’Hôtel des Postes

Pour engager un débat contemporain sur nos nouveaux moyens de communication, l’association organisatrice Impact a choisi, avec le concours de la Ville, d’investir l’Hôtel des Postes. Cet édifice remarquable, de style néo-gothique, construit en 1899 sous le règne de Guillaume II, constitue en effet un témoin privilégié de l’évolution des services postaux, et par extension de la révolution numérique, au coeur du quartier classé de la Neustadt. Il ne s’agit cependant que d’une occupation unique : racheté par Bouygues Immobilier en fin d’année dernière, le bâtiment sera le terrain de grands travaux de conservation mais aussi de construction à compter du mois de juin ou juillet 2019.

Photo : Martin Lelievre
Photo : Martin Lelievre

En présence du maire de Strasbourg Roland Ries, qui s’est réjouit que les strasbourgeois se réapproprient un patrimoine « fermé sur lui-même » au coeur de la citéla cheffe de projet du groupe co-propriétaire Poste Immo Camille Gehin a ainsi révélé les grandes lignes du plan de réouverture sur la ville de cet îlot urbain, notamment par la restitution du passage historique permettant de le traverser depuis l’avenue de la Marseillaise ; un plan présenté dans le détail par Florence Hauvette-Schaetzle, directrice régionale du groupe Bouygues Immobilier : « C’est un projet haute-couture qu’on vous propose, en ouvrant le lieu à tous les âges et tous les parcours résidentiels. »

Le cluster imaginé par le cabinet d’architectes Weber et Keiling ; derrière, la Tour des Télécoms restituée.

Une centaine de logements, dont un tiers de logements sociaux, cohabitera ainsi avec une résidence senior Jardins d’Arcadie, des bureaux partagés et une brasserie-restaurant sous l’oeil de la Tour des Télécoms, qui récupèrera sa toiture d’origine. Dans la cour, un cluster, bâtiment de bureaux de dernière génération, viendra marquer la nouvelle identité de la Poste centrale imaginée par le cabinet Weber Keiling Architectes. Pour compenser la perte des places de stationnement qui s’y trouvent, un parking souterrain sera aménagé sous le bitume. L’historique bureau de poste quant à lui, maintiendra son activité pendant et après ces travaux d’ampleur, qui passeront comme une lettre à la Poste.


Biennale d’art contemporain de Strasbourg
Première édition : La citoyenneté à l’heure du numérique

Exposition, talks, workshops et concerts
Du 15 décembre au 3 mars @ L’Hôtel des Postes

Photo : Chloé Moulin

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here