Je ne pense pas que cela vous a échappé : c’est la période d’Halloween. Qui dit fête des morts dit films d’horreur et d’épouvante, à regarder seul ou à plusieurs, dans le (ré)confort d’une couette. Au départ, quand on m’a demandé de faire une liste de films d’horreur, j’ai tout de suite pensé à Alad’2 ou à Épouse-moi mon pote. Puis on m’a dit que j’avais mal compris : ce qui devait faire peur n’était pas la nullité abyssale de l’ensemble, mais bien l’ambiance, les décors, la réalisation ou encore le scénario – des choses absentes des films cités ci-dessus par ailleurs. Alors enfilez vos chaussettes en laine, préparez les popcorns et serrez bien fort votre pote/moitié/doudou, parce que malgré la chaleur de votre couette, vous allez frissonner.

 

Note de l’auteur : Bien évidemment je n’ai pas à vous rappeler que j’ai établi un choix arbitraire. Ici, j’ai choisi de me concentrer sur des films d’horreur récents, ou en tous les cas après 2000. Pour trouver les grands classiques, tels que The Thing, L’Exorciste, Shining ou encore les fois où Strasbourg a perdu contre Metz au foot, je vous renvoie vers la page des 100 meilleurs films d’horreur sur Senscritique.

Note de l’auteur bis : Pour les critères, en plus du caractère récent des films en question, j’ai enlevé les films qui basent leur horreur sur le gore. Personnellement, ce sont les ambiances tendues, malsaines ou pesantes qui font monter la peur en moi ; j’ai donc choisi des films en raccord avec l’ambiance qu’ils dégagent.

C’est donc parti pour neuf recommandations pour passer un Halloween angoissant, terrifiant ou les deux. Génial non ?


Les classiques

Parce qu’il est toujours important de connaître des classiques du genre, et ce même s’ils sont relativement récents, voici deux films qui représentent bien la mouvance des films d’horreur actuels.


The Ring (2002)

On reconnaît parfois les classiques à l’influence qu’ils ont eu sur les films qui ont suivi. Adaptation par le bien nommé Gore Verbinski d’un film japonais du même nom, The Ring est de cette trempe-là. Une malédiction simple : quiconque visionne une cassette maudite est condamnée à mourir d’ici 7 jours.

De ce postulat simple, le réalisateur va créer tout un univers et une atmosphère de plus en plus anxiogène, bien aidé par les musiques de Hans Zimmer. Vous ne verrez pas les 2h25 passer mais attention, peut-être que ce film lui-aussi deviendra maudit. Et dès lors, votre vie sera en danger…


The Conjuring (2013)

Autre classique, mais plus récent, The Conjuring est l’une des plus gros succès de James Wan, l’un des créateurs originels de la saga Saw. L’épouvante prend une place importante dans cette histoire de maison hantée qui suit un rythme d’une précision effrayante. Le film est redoutable dans son classicisme : tout est maîtrisé à la perfection.

Les jump scares sont très efficaces – bien plus que dans Insidious par exemple, autre saga de Wan –, les personnages bien écrits, ce qui les rend crédibles et donc attachants. Enfin, la photographie de James Wan donne une atmosphère particulière à ce classique de film d’horreur qui vous fera réfléchir à deux fois avant d’investir dans une boîte à musique…


Les films d’horreur avec un soupçon de thriller

Parce qu’un film n’a pas besoin d’être axé démon surnaturel ou jump scares continuels pour être considéré comme film d’horreur, en voici trois qui mélangent les codes du genre avec ceux des thrillers.

The Invitation (2015)

Film de Karyn Kusama, The Invitation est un véritable thriller qui rentre dans les codes de l’horreur grâce à une ambiance tout bonnement génialissime. Ce récit d’un couple rendant visite à des amis qui organisent une dîner avec plusieurs autres invités ne cesse de jouer au chat et à la souris : à la fois avec les personnages, mais aussi avec toi, le spectateur. Tu sens progressivement que quelque chose ne tourne pas rond, mais tu n’arrives pas à mettre le doigt dessus.

Et quand tu penses trouver, le film rebat les cartes, te rendant plus confus que jamais, mais aussi plus inquiet. Ces hôtes cachent clairement quelque chose, mais quand tu le découvriras, il sera peut-être déjà trop tard…


Don’t Breathe (2016)

Davantage axé horreur que le film précédent, Don’t Breathe est l’histoire d’un groupe d’ados qui vont passer une très mauvaise journée. Souhaitant cambrioler la maison d’un homme aveugle, ils tombent particulièrement mal puisque ce dernier est un vétéran de guerre qui n’a pas perdu son sens de la mort. Les parquets craquent, les couloirs de plus en plus étroits et le danger constant.

Le film est assez classique dans son genre mais tire son épingle du jeu par une ambiance de huis-clos parfaitement claustrophobe, qui retire progressivement tout l’air de la pièce. À tel point que vous aussi, vous n’arrivez plus à respirer…


Get Out (2017)

Alors non Messieurs les Golden Globes, Get Out n’est pas une comédie. Cette incongruité mise à part, ce film est une incroyable réussite. Le film de Jordan Peele suinte d’un sentiment de malaise, que quelque chose ne va pas. D’ailleurs, pendant assez longtemps, le film te laisse dans le noir, avec une ambiance a priori plaisante et sans souci, mais avec juste ce qu’il faut de gênant pour que tu te poses des questions.

La tension et le suspens sont admirablement gérés, et le fait que tout ne soit pas révélé d’un coup est une véritable force, puisque ça peut ruiner un film de savoir trop tôt quel est le problème. Ambiance anxiogène, réalisation de talent et acteurs de folie, je doute que vous réussirez à en sortir indemne…


Les films d’horreur qui font la part belle à l’ambiance

Comme énoncé dans la note de l’auteur bis, quand je regarde un film d’horreur, je suis plus à même de trembler de tout mon corps avec une ambiance travaillée. Une ambiance qui te prend au cœur, au corps et aux tripes. Voici donc trois films qui arrivent à bien entrer dans ma tête, pour ne plus en ressortir.

It Follows (2015)

Le film de David Robert Mitchell possède deux gros atouts, que sont son ambiance sa bande-son au top. It Follows n’est pas placé dans une ère temporelle précise, c’est un film un peu hors du temps. Il n’y a pas grand-chose pour te raccrocher au monde « réel », si ce n’est les personnages, assez attachants.

Contrairement à Get Out par exemple, tu sais très vite le postulat du film : quelque chose te suit, en permanence, avec une dérangeante lenteur. Et quand tu t’arrêtes, tu meurs. De ce point de départ très simple, It Follows réussit à raconter une histoire finalement touchante du passage à l’âge adulte, où une ambiance parfois mélancolique côtoie les frissons de la mort. Ne vous arrêtez pas de lire, quelqu’un vous suit peut-être…


The Witch (2015)

En termes d’ambiance, on est à mon sens dans celle la plus travaillée, avec là encore une super bande-son. The Witch contient finalement peu d’horreur à proprement parler, mais tout se joue dans l’ambiance : une famille religieuse en 1630 se fait bannir de sa communauté et va vivre près d’une forêt.

Leur histoire prend un détour anxiogène lorsqu’un des enfants disparaît. De là, un sentiment de méfiance s’installe au sein de la famille, pour ne plus jamais repartir. Tout le monde perd graduellement ses nerfs et nous avec, devant la frustration et l’absence de réponses. On ne sait plus à qui faire confiance. L’horreur ne vient donc pas de l’extérieur, mais de l’intérieur. Alors méfiez-vous de tout…


Les films d’horreur vraiment flippants, le meilleur du malsain

Et pour finir, je vous livre deux films au summum du flippant, à tel point qu’il m’a fallu quelques jours semaines mois années pour m’en remettre. Pour les amateurs de soirées cozy, passez votre chemin, parce que là, on a du lourd.

Sinister (2012)

On commence très fort d’entrée avec l’un des plus flippants que j’ai pu voir. Sinister est vicieux, malsain : il est difficile de savoir ce qui se passe au début, mais, petit à petit, inexorablement, tu te rends compte de ce qui ne va pas. Et là, c’est parti pour des scènes qui me font trembler encore aujourd’hui. La tradition des bobines de films n’est certes pas très originale, mais l’usage que le film en fait est extrêmement malsain, et donc très efficace.

Sinister se révèle aussi glauque que violent, mais toujours dans un esprit malsain : la violence est indirecte, elle se révèle dans les bobines mais pas de le monde réelle. Le film lui se déroule plutôt dans le calme, ce qui instaure une dualité de ton qui renforce la tension du film, ainsi que votre sentiment d’insécurité. Et je peux vous dire qu’après ce film, vous ne verrez plus une tondeuse à gazon de la même manière…


Hereditary (2018)

Nouveauté cette année, Hereditary (ou Hérédité en VF) pose le curseur du malsain très très haut. Là encore, on a affaire à un film plutôt « calme » pour le genre, mais avec une tension poisseuse qui s’accumule, qui rentre dans votre peau et qui ne vous lâche plus. Plusieurs scènes vous mettront extrêmement mal à l’aise, toujours dans cette même ambiance glauque, mais pourtant étrangement calme.

La tension ne se relâche jamais, vous n’avez pas le temps de reprendre votre souffle. Quand soudain, dans le dernier quart d’heure… tout explose dans un bordel effroyable et glaçant. Toute la tension accumulée explose et se déverse partout dans votre corps, qui ne répond même plus à vos commandes neuronales. Vous êtes piégés. À tel point que vous rentrez désormais dans une relation de dépendance avec ce film, que vous regarderez plusieurs fois afin d’en saisir toutes ses complexités. Jusqu’à ce que vous passiez cette malédiction à votre descendance…


Un homme enregistre son article, referme son ordinateur et quitte le bar dans lequel il se trouvait. Il passe près de la Cathédrale, sans la regarder. Le vent souffle, fort. Le Diable semble redoubler de puissance et d’effort pour s’échapper d’un édifice qui l’a depuis trop longtemps retenu prisonnier. Les lumières des projecteurs faiblissent petit à petit, dans un clignotement devenu blafard. Bientôt, le noir. Il se retourne, personne ne le suit. Le vent hurle désormais. Il presse son pas. Les lumières ne reviennent pas. Il continue tête baissée, sans savoir où il va. Il se sent suivi, sa peau frissonne. L’ambiance devient poisseuse. L’air se raréfie. Le souffle court, il s’adosse à un mur, éclairé par un mince faisceau de lumière. Il lève les yeux : la Cathédrale. Juste à ce moment, il sent quelque chose toucher son épaule. Il se retourne, et son visage est déformé par l’horreur.

Le vent se calme sur la place de la Cathédrale. Les lumières reviennent. Notre homme reprend sa marche et s’éloigne. Si on tend l’oreille, on peut entendre à l’intérieur de la Cathédrale des bruits étouffés. Comme si quelqu’un était désormais retenu prisonnier…

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