Du 17 au 19 avril l’Université de Strasbourg hébergera le FemFest, un festival qui vise la démocratisation des études féministes, déjà populaires au Québec, auprès du grand public français. Pendant trois jours, des conférences, des ciné-débats et une soirée-concert seront l’occasion de découvrir la pluralité et la complexité des perspectives féministes actuelles d’un point de vue plus scientifique que militant, faisant du FemFest un événement pédagogique bienvenu.

À l’initiative de ce projet unique en France on trouve Myléna et Sara, deux étudiantes strasbourgeoises amies de longue date et déjà rodées à l’organisation d’événements. De retour d’un échange universitaire à Montréal où sont dispensées des cours en études féministes, Myléna a voulu importer cette perspective scientifique outre-Atlantique, où le féministe est souvent perçu comme indissociable du militantisme… En effet, les études féministes encouragent un regard critique sur les rapports sociaux de sexe à travers le prisme des sciences, en enquêtant sur les causes objectives des injustices perçues : nul besoin d’être militant.e pour observer un tel raisonnement. D’ailleurs, Myléna et son amie Sara, qui l’a rejointe dans le développement du FemFest, préfèrent parler de sensibilité particulière dans la façon d’observer le monde.

Bell Hooks, penseuse afro-féministe américaine qui a traité de l’entrelacement du sexisme et du racisme, est la figure de ce premier FemFest.

Pour mener à bien ce projet, Myléna s’est orientée vers un service civique auprès de l’association Unis-Cité. Chaque année ce groupe national de lutte contre les inégalités soutient 200 projets solidaires portés par des jeunes de moins de 26 ans, qui disposent de 8 mois pour les concrétiser ainsi accompagnés. Depuis novembre donc Myléna et une quinzaine de bénévoles étudiants et associatifs travaillent sur la première édition du FemFest, un cycle de conférences accompagné de ciné-débats et d’une soirée-concerts étalés sur trois jours ! L’objectif de l’événement ? Démocratiser les études féministes en donnant la parole aux femmes scientifiques spécialistes en la matière, choisies pour leurs approches variées. Sara explique : « Le but de l’événement c’est de déconstruire les préjugés sur le féminisme. Il n’y a pas qu’un féminisme, une approche, un positionnement, mais une multitude de perspectives complexes. »

Le Collectif Copines, qui défend un féminisme intersectionnel, fait partie des partenaires de l’événement.

Démocratiser les études féministes et promouvoir les acteurs locaux qui travaillent à des rapports sociaux pacifiés en rendant le discours universitaire accessible à tous, c’est le projet porté par l’événement FemFest. Dans l’attente du financement rétroactif de l’Université, le festival a été rendu possible grâce à un emprunt de 5.000€ assumé par l’Amicale de philosophie, et le soutien de nombreuses associations locales ainsi que celui de la municipalité pour cet événement à double portée scientifique et culturelle ; des partenariats qui permettent à l’événement d’être gratuit, et donc véritablement ouvert à tous les publics. En tout, quatre conférences et deux ciné-débats se tiendront à l’Institut Le Bel, et une soirée rassemblant quatre rappeuses françaises au Molodoï, cette fois à 5€, pour une nuit FemFestive car « le rap, c’est une musique contestataire mais aussi un milieu assez misogyne, c’est donc pleinement dans le sujet. »

Avec deux fois 280 places réparties sur deux amphithéâtres (le second en visioconférence du premier), tous les participants qu’ils soient universitaires, militants ou curieux devraient pouvoir assister à cet événement pédagogique bienvenu après l’affaire Weinstein et les mouvements associés Me too et Balance ton porc, dont le traitement médiatique n’a pas valorisé la réalité, ou plutôt les réalités, du féminisme actuel.


Festival FemFest, du mardi 17 au jeudi 19 avril
Le mardi 17, conférences de 17:00 à 23:00 @ Institut Le Bel
Le mercredi 18, ciné-débats de 17:00 à minuit @ Institut Le Bel
Le jeudi 19, soirée de concerts de 21:00 à 02:00 @ Molodoï

Toute la programmation sur l’événement Facebook en cliquant ici


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1 commentaire

  1. Bonjour. A noter que la photo montre surtout la dégradation de la signalisation publique par affichage sauvage. Ce qui est passible de poursuites…
    Salutations

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