Ils avaient ramené en tête d’affiche le célèbre groupe de natural trance Highlight Tribe l’année dernière pour une troisième édition survoltée. Ils ont remis le couvert cette année pour nous servir une programmation éclectique et toujours autant de bonnes vibes. L’association/sound-système strasbourgeoise Wassingue Krew relance son festival de cultures alternatives au Molodoï, les Tribus Sonores. On a passé un weekend avec eux pour voir ce que ça pouvait donner.

Wassingue Krew au Molodoï, c’est tout un état d’esprit. Le festival les Tribus Sonores, c’est un peu la synthèse de leurs activités et des valeurs qu’ils veulent transmettre le temps d’un weekend. Sortez vos djembés, vos pétards et vos sarouels (gros clichéééés, en vrai je n’en ai pas vu un seul… enfin de sarouel en tout cas).

Promouvoir « la culture underground techno »  et les arts qui gravitent autour de ce « milieu mystique, autodidacte et autogéré »

Le Festival a commencé vendredi soir : après un repas pour les bénévoles proposé par l’association Katerine (qui fait de la bouffe en festival principalement avec des produits bio, locaux invendus etc), une conférence/exposition s’installe pendant que les ingénieurs du son et les artistes finissent les balances. Eh oui, vous pensiez qu’on n’allait parler que de musique ? Raté.

L’exposition en question, c’est le projet Collapsus du photographe strasbourgeois Laurent Khrâm. Elle a déjà été présenté au Graffalgar et à la Médiathèque Tomi Ungerer de Vendenheim. Il a photographié différents modèles avec une technique de pose lente pour les dédoubler et créer un effet « d’âme exorcisé ». En résulte 21 portraits aux regards barrés chacun d’une thématique sur les dérives de l’industrie agroalimentaire. Les photos sont accompagnées de textes (par Mickael Reichert et Virgine Meyer) sur les réalités derrière des sujets allant du gaspillage alimentaire à la déforestation due à la monoculture industrielle de palmiers à huile en passant par la maltraitance animale ou encore la « supercherie » de certains labels bios.

« Chaque année 10 millions d’heactares de terres agricoles sont perdues par érosion et 5 millions sont urbanisées » : accompagné de son acolyte maraicher Mickael, d’un intervenant de Sea Shepherd Strasbourg (association contre la destruction de la biosphère marine) et d’une membre de 269 Life France (association antispéciste), Laurent présente son exposition à travers ses voyages. Au vu du sujet de l’exposition et des invités, la projection se transforme vite en conférence débat politique pendant près d’une heure avec les curieux.

Musique bien sûr, comme le nom l’indique… mais pas seulement !

En attendant, dehors, malgré un froid relatif, un village d’exposants s’est installé pour occuper la rue du Ban de la Roche avec divers créateurs : souffleur de verre, bijoux artisanaux, dessin, photos, déco, peinture… mais aussi prévention avec l’association Ithaque (la drogue, les ISTs tout ça tout ça… au moins on réduit un peu l’hypocrisie/tabou autour de tout ça, mieux vaut prévenir que guérir comme qui dirait).

Quelque temps après la fin de la conférence, la salle se remplit et la musique commence. Pour ce premier soir, la programmation est très variée et avec beaucoup de musique électronique. On passe du dub d’Enigmatik à la drum n bass des toulousains Iphaze (avec batterie live) en traversant la techno de Charly Friky, No Prod et en finissant sur la tribe envoutante de Delikatesse.

Le jeu de lumières est exceptionnel, la décoration (dont certaines parties ont été piquées au spectacle des Enfoirés au Zénith) joue avec l’obscurité de la salle pour donner des teintes fluorescentes psychédéliques. Voyage mystique et transant jusqu’au bout de la nuit (ou le début des trams).

Le lendemain, le petit village d’exposants a tenté de rester dehors avec des ateliers jonglage et des crêpes pour l’association « Ecoliers du Toit du Monde » dont les bénéfices servent à faire fonctionner une école au Népal. Avant que la vague de vent glacial et de neige s’abattent sur la ville et que seuls quelques courageux restent à l’extérieur, les réalisateurs du docu-fiction sur les nuisances nocturnes à Strasbourg « La Capitale du Bruit » venaient présenter et projeter leur œuvre au public.

La météo, guest star imprévue du festival

Le soir venu, la neige s’abattait toujours sur la façade du Centre Autonome Jeune le Molodoï. L’humidité compliquait la tâche de la troupe des Pyro BanGang, mais les flocons ont sublimé leur spectacle d’art de rue enflammé. Sur du Prodigy ou du Rammstein, les danseurs costumés entre Batman et tenue BDSM ont réussi à rallumer le feu dans le cœur des festivaliers gelés, bien ravis d’être restés dehors pour le spectacle. Étoiles, staffs, fouets et autres outils enflammés s’enchainent, se lancent, tournent, claquent sur le sol, dans les airs et sur les corps des artistes. Ce n’est pas leur première participation au Tribus Sonores, mais la troupe strasbourgeoise sort le grand jeu pour leur dernière soirée avant de partir développer leurs talents à Berlin.

Juste après, rebelote pour la musique mais cette fois-ci la place est laissée majoritairement aux instruments… et pas n’importe lesquels. On parle didgeridoo, flute, djembés, hang, batterie, guitare et guimbarde (certaines mauvaises langues rajouteraient appropriation culturelle) pour une soirée spéciale trance music. S’enchainent Regal Trip, Matibhrama, Adèle & Jérémy.N, Watt the Fox, Ka-ta & Paco pour plusieurs heures de rituel dansant et élévation spirituelle musicale… Sourires sur les lèvres, étoiles dans les yeux et enthousiasme dans les cris. Le Molodoï est rempli, la Tribu est réunie.

Elle risque très certainement de se réunir l’année prochaine une fois de plus, en attendant, les prochaines aventures du Wassingue Krew et de leurs amis (à suivre sur leur Page Facebook), c’est d’abord en avril pour un Brunch Techno et ensuite en novembre pour leurs fameuses soirées Electro-Swing.

Musique, bouffe et danse… que demande le peuple ?

 

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