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Le Vietnam et son emblématique lotus débarquent sur les rives sud de Strasbourg sous le doux nom de Banh Mi Saigon. Ce petit restaurant de quartier ouvert sur les quais depuis 3 mois se fait assez discret, j’ai passé la porte par hasard et aujourd’hui je vous raconte tout. 

Un lundi matin pluvieux, en marchant dans la rue avec la mine grise de début de semaine, j’ai croisé le regard concentré d’une restauratrice en plein travail à travers la vitre de son restaurant éclairé au néon : le Banh Mi Saignon. « C’est ici que je vais manger« , voilà ce que je me suis dis, parce que je suis un sacré déglingo, je vis dans l’instant. Le quartier est plutôt passant et pour être honnête, il y a des endroits plus sexy que les quais de Paris (c’est comme ça que cette rue se nomme) et ses environs en plein hiver. Heureusement, on ne choisit pas un restaurant pour sa localisation.

En entrant dans le restaurant, on remarque que l’enseigne s’est ouverte récemment. Les petits détails posés ici et là et les objets chinés qui font souvent le charme des enseignes strasbourgeoises n’y ont pas encore leur place, chaque chose en son temps. D’ailleurs, on remarque encore le code couleur et quelques détails qui rappellent le Kebab qui tournoyait là il y a encore quelques mois. Le décor est posé.

Je prends place à table avec mon acolyte : une chance de pouvoir s’assoir sur l’une des 4 petites tables misent à disposition, ce jour là c’était la dernière, le drame du « désolé on est complet » était évité. On remarque à la taille de la salle et aux nombreux va et vient des clients que l’accent est mis sur la restauration rapide, d’ailleurs, certaines préparations attendent déjà gentiment le client en vitrine.

Ce qui me plait dans cette disposition minimaliste c’est que les clients sont proches les uns des autres, l’occasion de faire connaissance et de discuter avec tout le monde et surtout n’importe qui. Ce jour là j’ai fait la connaissance d’un nourrisson dans sa poussette qui devait prendre ma tronche pour celle d’un personnage de dessin animé. Ça fait toujours plaisir.

Une fois assis, je découvre la carte. Elle est simple, claire, pas trop fournie et perso ça me rassure : les restaurants asiatiques ont trop l’habitude de proposer des cartes aux infinies possibilités, tellement de possibilité que tu donnes souvent un chiffre pour passer ta commande. Ici, vous aurez le choix entre 7 entrées5 plats, 5 sandwichs et 4 desserts. Les Banh Mi, en Vietnamien « pain de blé » sont des sandwichs-baguette traditionnels, vestiges de la colonisation. En gros c’est le jambon beurre vietnamien des familles. Il est l’heure de se taire et de faire un choix sur la carte. Pour être honnête, au vu du prix, j’avais envie de prendre l’intégralité des plats proposés.

En bon sale gosse, j’hésite entre les 5 nems au poulet pour 4,5 € ou les raviolis au porc au même prix. Je choisis finalement les nems, pour mon acolyte ce sera les 3 rouleaux de printemps pour 4,5 € eux aussi. Pour le plat principal, ce sera un classique Bo Bun (boeuf à la citronnelle, vermicelles de riz, salade, carotte, soja, menthe, coriandre et cacahuète). En bons gros mangeurs, on choisit également un Com Ga Nuang (poulet grillé à la citronnelle, riz nature, radis blanc, carotte et concombre). Une fois la commande passée, je tire ma petite tête de mec super content mais impatient, tu vois laquelle? Si si tu vois.

Comme boisson, ce sera de l’eau, on est lundi quand même et tout le monde sait pourquoi l’eau est bonne un lundi, pour l’âme comme pour le corps – surtout pour le corps. Pour mon binôme ce sera une boisson vietnamienne à l’aloe vera histoire de changer un peu du traditionnel mais merveilleux Ice Tea.

Les entrées arrivent, je chope un nem que j’amène frénétiquement à ma bouche, je le pulvérise en 7 secondes, histoire de calmer mon appétit. Pour mieux apprécier, j’en prends un deuxième : ils sont frais. Les aliments qu’ils contiennent se complètent mais ne se superposent pas dans un mélange sans saveur, on sent chaque ingrédient successivement, chacun avec sa propre texture. Sans aucun doute, ils sont fait maison.

Les rouleaux de printemps sont immenses et font presque la taille d’un mauvais yufka dans un doner qui se moque de toi. On décide de n’en manger qu’un chacun pour enchainer avec la suite qui s’annonce déjà excessive. Et oui, le fait maison ça cale. La conception des rouleaux de printemps (que j’ai vu en direct) n’est pas un exercice facile, lorsqu’on croque dedans on se rend compte que chaque ingrédient est disposé minutieusement avant d’être roulé pour un matching des saveurs et des textures au top du top. C’est bon, frais et en plus, cerise sur le gâteau, c’est beau !

Arrive le moment ou tu t’essuies la bouche, ou tu t’adosses sur le dossier de ta chaise en poussant discrètement un petit « pouahhh » de mec satisfait de son repas. Il me fallait être vaillant et brave pour entamer la suite et apprécier comme il se doit le Bo Bun et le Com Ga Nuang. Je prends donc une pause bien méritée de quelques minutes. Le service est vraiment rapide. 

Les plats principaux arrivent, ils sont disposés dans des barquettes tout prêt à être emporté, malgré cette présentation un peu simpliste, le Bo Bun et le Com Ga Nuang restent très agréables à regarder car les ingrédients sont frais donc très colorés. Au bout de quelques secondes je n’en ai plus rien à faire de manger dans une barquette en plastique.

Les saveurs sont au rendez-vous, la menthe fraîche se marie avec le croquant des nems et des carottes, la cuisson du riz est maitrisée et les oignons fondent en bouche avec le boeuf, la sauce apporte le coté sucré salé et évite au plat d’être un poil trop sec.

Le poulet grillé à la citronnelle est comme son nom l’indique, grillé, mais pas trop. Le plat est équilibré, je mélange les crudités au riz et au poulet, à nouveau la sauce fait bien son travail, sans elle, la quantité de riz rendrait le tout un peu sec. Malgré cela le pari est gagné pour le poulet grillé.

Je prends maintenant quelques instants pour discuter des desserts que je suis incapable de gouter avec la restauratrice. Ils semblent très originaux et les noms me font balancer entre un sentiment de curiosité et de doute intense. Les crêpes à la vapeur aux graines de soja et au lait de coco, la gelée d’algues au lait de coco ou au café resteront un mystère.

Et non, madame a absolument voulu qu’on teste les crêpes.

Pour être honnête nous n’avions plus faim du tout mais ils nous fallait rester la tête haute. La présentation donnait moins envie que le reste de notre repas, il semble difficile de sublimer une crêpe à l’allure un peu gluante. Cependant, le goût était prononcé et le dessert culotté, je dirai que ce dessert peut plaire mais le sucré n’est pas trop ma tasse de thé. De plus, j’ai été surpris de voir des nems sucrés banane nutella, c’est comme la pizza hawaïenne,  c’est NON.


Le repas est terminé, on a le sourire, il est l’heure de faire un petit bilan sur l’expérience. Mon doggy bag est déjà prêt, si vous avez des restes, pensez-y. Les ours blancs vous remercient.

Le gros point positif, le prix, 32 € pour la totalité du repas (dessert compris), difficile de faire moins cher pour la quantité proposée. Les entrées et les plats étaient de qualité, bons et très équilibrés mais sans prise de tête, on peut donc dire que le rapport qualité prix est vraiment solide. Seul le dessert n’était pas totalement à mon goût.

Les + 

  • Le prix !
  • L’accueil souriant et la discussion facile
  • On ne se perd pas dans la carte
  • La fraîcheur des produits

Les –

  • La décoration de la salle, en particulier les nappes de table 😉
  • La présentation des plats en barquette
  • Le dessert

Banh Mi Saigon

8 Quai de Paris
67000 Strasbourg
09 53 40 56 09

La page Facebook du restaurant

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2 COMMENTAIRES

  1. Dans les – , je vois la déco et les barquettes.
    Un peu sceptique. Pour avoir déjà été 2 fois aux Vietnam, on trouve partout des petits endroits de ce type pour manger sur le pouce. J’y ai quasiment toujours mangé des choses hyper bonnes et fraîches… mais dans des décos ultra minimalistes (les chaises et tables en plastique sont monnaie courante) et dans contenants au moins autant minimalistes. Classer ça dans les – me semble donc un peu hasardeux, quand on sait à quoi ça ressemble là-bas.

    Je poste ça car en passant devant, je n’ai pas eu l’impression que ce Banh Mi Saigon (à corriger dans l’article, où c’est mal écrit dans le titre) cherchait à être un vrai resto, mais davantage comme vous le dites, un lieu pour acheter des plats à emporter et manger sur le pouce. Donc être minimaliste sur la déco et le contenant, fait à mon sens partie du folklore 🙂

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