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J’imagine bien, fiers lecteurs de Pokaa que vous êtes, que vous vous sentez concernés par l’environnement et le développement durable.

Vous mangez probablement bio, roulez en patinette et triez vos déchets. Vous soutenez l’agriculture locale et promouvez le commerce de proximité. Peut-être même que vous vous fournissez chez une AMAP qui vous livre, une fois la semaine, une cagette emplie d’un lot de légumes improbables, ce qui — en plus de promouvoir une nourriture équilibrée — vous ouvre de nouveaux univers gustatifs.

Eh bien je vous propose, ô citoyen modèles, de faire avec moi le prochain pas en avant dans le raisonnement de votre hygiène de vie : les paniers culturels Kilti.

« Regarde-moi dans les yeux »

MÉ KÉKÉCÉ ? (Oui, vous écrivez fort mal)

Il s’agit tout bonnement de paniers fondés sur le même principe que ces délicieux mélanges de salsifis et de pâtissons, mais qui nourriront votre esprit plutôt que votre estomac, sans malheureusement améliorer votre transit. Point positif néanmoins, ils demandent moins d’épluchage.

Alors comment-est-ce possible me direz-vous ? (Si si, vous le dites, ne niez pas.) Eh bien pour commencer, admettez que vous êtes généralement difficiles à sortir de votre zone de confort. Je ne vous en blâme pas, c’est bien humain. Moi-même, pour me trainer hors des théâtres vers une petite séance de ciné, il faut déployer des raffinements de diplomatie.

Nous avons tendance à préférer ce que nous connaissons. Nos moyens (temps comme argent) consacrés au divertissement étant limités, il est bien naturel que nous souhaitions les employer au mieux et éviter les déceptions. Tester la nouveauté, c’est prendre le risque d’être désappointé, à moins que vous ne soyez de ceux qui tirent leur plaisir d’une perpétuelle découverte.

Tentative décevante : allégorie

Quoi qu’il en soit, reconnaissez que vos préférences musicales, cinématographiques ou littéraires vous conduisent à généralement demeurer dans certaines sphères culturelles. Nos réseaux sociaux eux-mêmes sont remplis de recommandations basées sur nos préférences. « Vous pourriez aussi aimer… »

Difficile, dans ces conditions, de ressentir ce frisson si particulier que suscite la découverte d’une nouveauté enthousiasmante. Et c’est là qu’intervient Kilti.

La Cène, upgrade 2018 @Donatien Breiner

Association née en 2014 à Lille, Kilti s’est vite développée dans mout villes, allant jusqu’à dépasser nos frontières francophones. Notez qu’en Mars, Kilti ouvrira aussi à Metz et en Martinique. Pour l’heure, et pour votre plus grand bénéfice, janvier a vu surgir l’antenne strasbourgeoise, portée par l’association Onze Heures & Qu’Art avec une soirée de lancement à la Popartiserie, galerie des gens de bon goût, où se trouvait votre serviteur.

Ce que tu vois avant de passer un bon moment @Donatien Breiner

COMMENT ÇA MARCHE ?

Vous l’aurez compris, il s’agit de panier avec un vrac de produits culturels. Pour commencer, sachez que le panier lui-même est une œuvre. Il s’agit d’un sac sérigraphié, celui de janvier étant réalisé par Capitaine Bowie et Pouicpouic Box — donc une œuvre manufacturée en édition assez limitée.

Jes et son beau sac @Tristan Kopp

À l’intérieur se trouvent à chaque fois diverses œuvres (tatouages éphémères de haute qualité, séries photographiques, CD, livres, etc.) Le sac contient également des billets (pour deux personnes) pour diverses sorties culturelles avec les partenaires Kilti, par exemple Simultania.

Vous pouvez retrouver ici le contenu du deuxième panier « Au-Delà du Réel », disponible en mars.

Il existe trois formats de panier, entre 49€ et 15€, pour convenir à tous les budgets. Sous réserve de présenter un justificatif, les demandeurs d’emploi, les étudiants boursiers et les bénéficiaires du RSA peuvent également obtenir une réduction conséquente (32€ au lieu de 49€ pour le KiltiMaxi).

Ça fait du contenu mine de rien @Tristan Kopp

Et que font-ils de tout cet argent me direz-vous, calculette en main ? Eh bien, apprenez que près de 75% des recettes des ventes sont consacrées à la rétribution des artistes et au financement des soirées de remise de paniers. Le reste sert au bon fonctionnement de l’association, majoritairement bénévole.

Vous ne rêvez donc pas, les artistes partenaires n’en sont pas réduis à brader leurs œuvres en échange d’exposition pour leur travail, comme cela peut se voir de-ci de-là, dans notre fabuleuse époque.

Vous pouvez réserver votre panier et venir le chercher lors de la soirée de distribution, ponctuée par moult démonstrations artistiques (ou le faire livrer, ce qui est nettement moins folichon). Pour cette première, nous eûmes notamment la chance d’entendre We Laventure (trio de black Music), Céline Peran (harpiste) et Lilia Dornhof (chanteuse lyrique aux performances incongrues).

EN RÉSUMÉ

Kilti se pose — à mes yeux — comme une initiative de bon aloi, avec un fonctionnement  clair et des ambitions adaptées au contexte socio-culturel de notre temps. Son fonctionnement permet de tisser de nombreux liens entre les acteurs culturels, de les motiver et de les promouvoir. Il est important que de tels liants existent entre créateurs, favorisant les collaborations et la reconnaissance mutuelle. Tenez, à ce propos, il est possible de retrouver une jolie série d’interview de ces artistes directement sur le site.

Dans un contexte où le ministère de la Culture fait fuiter des documents de travail assez menaçants pour le financement des arts et que la diversité culturelle donne le tournis dans la variété de ses propositions, un petit coup de main pour s’orienter est le bienvenu.

L’association Onze Heures & Qu’Art est encore relativement jeune (novembre 2017), mais d’ores et déjà, elle se pose comme étroitement liée au milieu culturel strasbourgeois. Et pour le profit de tout un chacun, nous pouvons souhaiter que son influence aille croissante.

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