Dans la série « je travaille dur de mes dix doigts dans l’ombre des toits strasbourgeois » je demande monsieur François Ruyer, illustrateur jeunesse depuis 1987, premier du nom.

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La ville (tu sais de quelle ville je parle) regorge d’artistes, de créateurs et de performeurs qui préfèrent bosser, sculpter, tailler, poncer, peindre et dessiner plutôt que de parler d’eux ou même de leur travail. Le dessin et l’illustration jeunesse ont vocation à faire rêver, imaginer, espérer, ils offrent du mouvement, des formes ou de la couleur à notre quotidien : autant dire qu’ils offrent un cocktail tout mignon de naïveté et de féérie parfait pour bien commencer l’année. Petit focus hivernal sur François Ruyer, son parcours, son histoire et surtout celles qu’il raconte à travers ses créations.

Vous connaissez peut-être François grâce à ses affiches qui ont illustré notre belle capitale de Noël il y a quelques années. Si c’est pas mignon.

Un parcours sans fautes

François est un pur produit des arts déco de Strasbourg, il y fit ses classes à l’atelier Claude Lapointe. Pour son diplôme national d’expression plastique (DNSEP) il tape dans l’oeil du Jury et obtient les félicitations. A ce moment là tu dois te dire « tiens je vais pouvoir gagner ma vie avec l’illustration, c’est pas dégeu« . Un an plus tard il se retrouve téléporté en Italie pour la foire du livre, rapide le Franky.

La formation de François est dans l’air du temps et oscille entre dessin et infographie. A ses débuts chez « Bleu Cacao » au début des années 1990 il réalise de l’animation pour les entreprises, il est donc l’un des premiers infographistes de métier.

Par la suite, il rafle un max de prix dans différents concours d’animation ou d’illustration notamment pour les éditons Milan, Lito et Fleurus. Il réalise également de nombreux puzzles édités par Heye verlag, Piatnik, Graphika dans lesquels il aime démultiplier les personnages ainsi que leurs émotions à la manière de où est Charlie.

Puzzle (simplepastime.com)

Un univers graphique atypique

François possède son propre univers, un peu de féérie, une touche d’humour, des corps difforme ou exagérés, des expressions manifestes, de la couleur et beaucoup de poésie.

Printerest.fr

Ses maitres sont Frankin, Reiser, Loup, Mordillo… en tout, c’est environ 350 bouquins qui ont été illustrés par François Ruyer sur les 30 dernières années, notamment avec des personnages fantaisistes comme le kitou scrogneugneu (qui arbore fièrement le drapeau LGBT), l’imagerie des sorcières et des fées, 365 histoires à dévorer ou encore 365 blagues publié chez Hemma.

Le Kitou scrogneugneu (dessins-animés.com)

Dessinateur : un métier pas comme les autres

La pratique du métier d’illustrateur a bien changé depuis le début des années 2000, comme dans de nombreux métiers, le passage au digital est une nécessité pour s’adapter au marché du livre, de l’animation, de la bande dessinée. Avec un ou deux logiciels il est aujourd’hui possible de créer des animations ou des réalisations 3D, mais quand on possède un univers bien à soi, que le crayon nous a formé et qu’on est passé par les arts déco on possède un petit avantage non négligeable pour mieux s’adapter aux outils d’aujourd’hui. Le temps de l’encre couchée sur le papier est un peu révolu, François est nostalgique de cette belle époque où le mot « rature » existait encore.


Retrouvez les créations de François Ruyer sur Planet Puzzles ou sur son blog ICI

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