Depuis une dizaine d’années, les salles de sport se sont multipliées à Strasbourg. Véritable phénomène de société, elles sont progressivement devenues des lieux privilégiés de rencontres, amicales mais également amoureuses, au détriment des bars. Trois Strasbourgeois(es) nous ont raconté pourquoi et comment il et elles ont rencontré leur moitié en soulevant des haltères plutôt qu’en buvant une bière.
Les salles de sport sont-elles en train de devenir les nouveaux Hinge, Bumble ou Tinder ? Alors que la pratique du sport est toujours en hausse, et que les salles de sport sont de plus en plus nombreuses à Strasbourg, elles semblent devenir le terrain de jeu privilégié des rencontres amoureuses, au détriment des bars ou des clubs.
Il y a une vraie prise de conscience autour de la santé, du bien-être et du fait de prendre soin de soi.
Selon des recherches effectuées auprès des personnes utilisant Bumble et des client(e)s des magasins Gymshark, 46% des 18-45 ans ont déclaré qu’elles préféraient rencontrer un partenaire potentiel lors d’une séance à la salle plutôt que lors d’une soirée ou dans un bar. Dans le même temps, 32% de celles et ceux qui suivent un cours de fitness ont en arrière-pensée la volonté de rencontrer un nouveau partenaire.
Intrigués par ce phénomène, on a passé un appel à témoignages sur notre page Instagram. Si peu de monde a finalement voulu témoigner, de nombreuses personnes ont répondu qu’ils et elles avaient effectivement connu leur conjoint(e) au sport.
L'explosion du bien-être : davantage de sport, moins d’alcool
Depuis les années 2010, le secteur du « bien-être » a explosé en France, avec aujourd’hui près de 5 500 salles de sport et plus de 6,5 millions d’abonné(e)s. À Strasbourg, l’arrivée d’Evaé en 2010, Basic-Fit, Keepcool, One Fitness (entreprise alsacienne) et plus récemment Gym Fit n’ont fait qu’agrandir ce marché.
Selon le dernier baromètre FFEPGV x Ipsos bva, faire du sport pour « être en bonne santé » est passé de 34% à 44% en 8 ans, devenant la 3e raison pour aller à la salle, derrière « avoir une pratique sportive ». Un raisonnement partagé par Philippe, qui a rencontré sa conjointe à la salle : « Les gens accordent davantage d’importance à leur bien-être (et le physique) que les générations précédentes. »
Il est plus « tendance » d’aller à la salle que de sortir dans les bars ou les boîtes de nuit tous les week-ends.
Une donnée qu’il est intéressant de mettre en lien avec la diminution de la consommation d’alcool de ces dernières années, selon les données de l’OFDT. Une baisse générale dans la population française, mais qui est particulièrement marquée chez les 18-24 ans et les 25-34 ans selon Santé Publique France.
Des tranches d’âge qui représentent près de 50% de la clientèle de ces salles de sport, et 50% des nouvelles inscriptions, selon l’Express. Moins d’alcool, plus de salles de sport, et donc mécaniquement plus de chances de rencontrer quelqu’un autour d’une poulie que d’une bière. Anaëlle Ottié, responsable communication One Fitness résume : « Il y a une vraie prise de conscience autour de la santé, du bien-être et du fait de prendre soin de soi. »
Le bien-être, un centre d'intérêt commun qui facilite la rencontre
Mais si dresser le parallèle peut être tentant, cela n’explique pas entièrement l’attrait des salles de sport. Pour les Strasbourgeois(es) interrogé(e)s, ce qui les incite à venir à la salle est l’envie d’aller bien dans leur corps, poussée par une société de plus en plus sédentaire et solitaire.
À la salle, ils et elles rencontrent alors des gens qui partagent ce besoin ; un point commun qui favorise l’alchimie. Un point mis en avant par Amélie : « Le partage de la passion du sport permet de discuter très facilement. C’est un brise-glace utile pour moi par exemple, qui suis plutôt réservée en dehors du sport. »
Je trouve qu’il est plus facile aussi d’approcher l’autre : un sourire, un bonjour et on sait aussi si la personne semble réceptive ou s’il vaut mieux passer son tour.
Un raisonnement partagé par Margaux : « Le hasard a fait que nous nous sommes rencontrés à la salle, mais j’ai beaucoup apprécié cette façon de faire. Pour ma part, je la trouve plus naturelle. On sait que la personne en face nous plaît physiquement et qu’il a déjà quelques centres d’intérêts en commun. »
Philippe développe : « Effet de mode ou véritable évolution des mentalités, je ne sais pas, mais nous connaissons également plusieurs couples qui se sont formés en salle de sport. » De la transpiration à la séduction, il n’y a finalement qu’un pas, qui semble exclure le houblon.



