Il n’y a pas à dire, quoi qu’on fasse, le théâtre a du mal. Ce n’est pas vraiment de sa faute : sa forme elle-même est terriblement contraignante. Il faut mobiliser d’importants moyens et effectifs et mobiliser des spectateurs qui doivent souvent payer le prix fort sans être sûrs d’apprécier cette plongée dans l’inconnu.

Mais comme dans tout problème il y a mille solutions. Laissez-moi vous parler d’une invention fantastique (et espagnole, ce qui la rend doublement appréciable) : le micro théâtre.

Qui dit « micro-théâtre » ne dit pas nécessairement « micro-acteurs ».

N’ayant rien à voir avec le micro-trottoir, le micro-théâtre serait au théâtre ce que le court-métrage dynamique est au film documentaire. Né de la crise économique/un contexte difficile/les temps qui sont durs, et qui tranchent  allègrement dans les budgets de toutes les structures théâtrales — ne vous demandez pas pourquoi le TNS ne produit que 5 spectacles cette année contre 9 la saison passée ? — le micro-théâtre n‘a besoin de personne. Fi des appareillages lourds et des techniciens bourdonnants, au diable l’angoisse de la subvention pour financer le décor. Nous n’avons besoin que d’un principe simple et carré, une salle de 15m² accueille 15 spectateurs pour un spectacle de 15 minutes. Dans une salle de 9m², ce sera… 9 spectateurs pour 9 minutes, c’est bien, vous suivez.

« C’est totalement révolutionnaire ! »

Alors, où apprécier cette nouvelle forme d’expression artistique, née dans les lointaines et mystérieuses terres ibériques au sein d’une ex-maison de passe ? Eh bien, dans une ancienne maison close alsacienne pour sûr.

Est-ce que j’ai toute votre attention ?

C’est la Maison Mimir, véritable institution de la débrouille et de la marginalité bouillonnante, qui accueillera le premier festival Équinoxe. Organisé conjointement par les Lanternes Publiques et la Compagnie Toc-toc, c’est à la fois un festival totalement inédit et un geste fort dans ce climat d’incertitudes sur le devenir des politiques culturelles. Ces deux compagnies œuvrent déjà dans cette optique : faire du théâtre d’aujourd’hui un langage intelligible par tout un chacun. Les trois énergies communes se sont alors rassemblées en un événement, et c’est ce weekend !

Le festival commence ce vendredi 8 juin à 17h et se poursuivra jusqu’au dimanche soir. Les représentations tourneront dans les différentes salles, et les troupes présenteront différentes formes. Il sera nécessaire de se procurer un billet pour chaque représentation, que ce soir dans la grande salle ou bien celle donné… dans les toilettes. En outre, Pierre le crieur, héraut loquace, déambulera dans les lieux sur toute la durée du festival. Deux concerts seront donnés à partir de 22 chacun des deux premiers soirs.

« Peter the screamer »

Programmation éclectique oblige, vous pourrez retrouver du théâtre de rue, du cirque, du cabaret, de la mise en voix… en bref, à peu près tout ce qui peut entrer dans la large appellation du spectacle vivant. Et surtout, ce festival est 100% pur strasbourgeois, histoire de mettre en avant la qualité des artistes que notre belle cité abrite.

Tous chez Mimir ! ©Julien Douvier

Sur place, la restauration sera au rendez-vous, notamment avec la présence des Trois Petits Cochons (connus de tous les amateurs de charcuterie) et de la brasserie Trois Mâts décidément ce festival fleure bon la Sainte Trinité. Oui, de la bonne bière en festival, je sais, ça sonne comme un rêve de gosse.

EN SOMME

Si vous n’avez rien de trop important prévu pour ce weekend, voilà qui devrait vous contenter. Que vous y alliez en appréciant la dimension sociétale de la démarche ou jute pour vous laisser charmer par les représentations, vous êtes assurés de ne pas perdre votre journée.

>> TRISTAN KOPP <<


Festival Equinoxe

Du 8 au 10 juin, à la Maison Mimir

> La page facebook de l’événement <


 

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