La culture se déconfine : après une fin de saison avortée, ça y est, les théâtres préparent leur rentrée ! Le TNS – Théâtre national de Strasbourg a rouvert, hier, 1er juillet, les portes de sa billetterie. Retour en salles prévu dès septembre, avec à l’affiche, une vingtaine de spectacles. Petite sélection maison, pour s’y retrouver dans leur programmation.

Tous au théâtre !

« Vous nous manquez ». Le 12 juin dernier, avec ces mots, Stanislas Nordey, directeur du TNS, introduisait, encore en visio – Covid oblige – la saison 2020-21. Une saison qui s’annonce riche – une vingtaine de spectacles – où le public est invité à (re)venir, presque de « manière militante », afin de soutenir le spectacle vivant et ses acteurs, mis à mal ces derniers mois. Un appel lancé au public, à « venir plus que d’habitude, avec plus de gens que d’habitude ». Afin que « la machine théâtrale se remette en marche ». Parce que sans spectateur, le théâtre n’est plus. Alors si tu veux en être : il n’y a plus qu’à suivre le guide.

Sœurs – Pascal Rambert
© Pauline Roussille

Demandez le programme !

À la lecture de la brochure, cette saison des retrouvailles s’inscrit dans l’air du temps, avec une vraie place faite à la jeune création – et à ce qui l’anime –, et particulièrement aux autrices et metteuses en scène.

À noter aussi : plusieurs pièces autour de Racine et une flopée de spectacles engagés qui s’interrogent sur la place des minorités, le désir de révolution(s), le terrorisme, la barbarie humaine et bien sûr, les drames familiaux individuels…pour parler de l’universel.

Bajazet – en considérant le Théâtre et la peste – Frank Castorf
© Mathilda Olmi

Un questionnement sur le monde d’aujourd’hui et celui de demain, et un engagement du TNS sur les enjeux actuels au théâtre : le climat, la parité, la diversité et l’inclusivité en matière de handicap. …On aime.

La sélection aux petits oignons :

Pour un retour en fanfare :

Aria da Capo – Séverine Chavrier

Le festival Musica, comme chaque année, reviendra donner le la en lançant la saison dans des prod’ mêlant théâtre et musique. L’une d’elle : Aria da Capo. Le brouhaha de la jeunesse avec son lot d’interrogations, de doutes et d’espoirs, projeté dans le milieu de la musique.

© Louise Sari

On retrouve sur scène un quatuor composé de trois garçons et une fille, dans leurs propres rôles, tous apprentis musiciens au Conservatoire d’Orléans. Les facecams, leur langage cru et leurs frasques d’ados rencontrent leur passion pour les grands compositeurs et des morceaux joués en live. De quoi casser les codes et les clichés.

Du 30 septembre au 4 octobre 2020
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Pour rire entre deux alexandrins :

Phèdre ! – François Gremaud

Qui a dit que Racine ne pouvait être drôle ? Dans un seul-en-scène aux allures de conférence, Romain Daroles – à la fois lui-même et son personnage éponyme – propose une lecture et relecture de la célèbre tragédie Phèdre.

Un monologue passionné, décalé, qui mélange les genres et cite des alexandrins, le tout, dans une ode au théâtre et au grand classique qu’est Phèdre. Un des succès du Festival d’Avignon 2019 et un « coup de foudre » que nous partage le TNS.

Du 8 au 18 décembre 2020
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Pour se faire un peu secouer :

Bajazet – en considérant le Théâtre et la peste – Frank Castorf

La fusion entre deux monuments français que sont Racine et Antonin Artaud, par un ponte du théâtre contemporain européen : l’allemand Frank Castorf, accompagné d’une troupe française dans laquelle on retrouve Jeanne Balibar.

©Mathilda Olmi

Une tragédie de Racine par le filtre d’Artaud ? Ça s’annonce brut, brûlant, à vif. Pour Artaud, connu pour son Théâtre de la cruauté qui a bouleversé la pratique théâtrale du XXème siècle,le théâtre doit ébranler son spectateur, être non-élitiste, décloisonné, violent, vivant, cathartique, ou ne doit pas être. Le théâtre ne prend sens, pour lui, qu’à travers la mise en scène, où le devoir de l’acteur est d’habiter son texte, le vivre, le souffrir, afin d’embarquer le spectateur, et le « réveiller ».
Petit aperçu :

Du 11 au 21 février 2021
(spectacle accueilli au Maillon)
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Pour la poésie de son écriture :

Les Innocents, Moi et l’Inconnue au bord de la route départementale – Alain Françon

Difficile de passer à côté de la programmation de cette adaptation de Peter Handke, grand auteur autrichien contemporain et prix Nobel de littérature en 2019. Traducteur (en français) de ses propres textes, son écriture s’axe autour de la langue, du langage et de la difficulté à communiquer.

Ici, sa poésie s’articule autour d’un lieu, ou plutôt d’un non-lieu : la route départementale, perdue et anonyme, mais avec les souvenirs et projections qu’elle amène. Quatre temps, au fil des saisons, dans « un rêve éveillé, […] un rêve de jour », explique Alain Françon, son metteur en scène, aux multiples Molières, récompenses ultimes du théâtre. Un spectacle qui peut diviser mais pour les curieux : une expérience du texte, du mot.

© Jean-Louis Fernandez

Du 14 au 24 avril 2021
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Pour en prendre plein les yeux :

Nickel – Mathilde Delahaye

Déprogrammé de la fin de saison, en raison de la pandémie, Nickel a été reporté à la prochaine et c’est tant mieux. Ce spectacle écrit par Mathilde Delahaye et Pauline Haudepin, toutes deux anciennes élèves de l’Ecole du TNS, promet d’être audacieux. Dans sa forme, comme dans son propos. Et il serait bien dommage de rater cela.

La rencontre entre le voguing – ici, représenté par sa scène parisienne – et un lieu donné : une usine d’extraction de nickel, sur une cinquantaine d’années. …Du dernier ouvrier qui la quitte, à sa refonte en nightclub et sa réappropriation par la communauté queer du voguing, jusqu’à sa ruine dans un monde post-industriel où la nature reprend ses droits. Une histoire de la marginalité, des communautés, des rites, le tout dans un décor évolutif, mouvant. Un spectacle-paysage dans lequel les corps s’inscrivent et s’adaptent. Attention les yeux.

Du 10 au 16 mai 2021
[+ d’infos]

Tu l’as compris : qu’il soit musical, poétique, plastique, chorégraphié, déclamé… Le théâtre peut prendre mille-et-une formes, mais la seule qui compte vraiment, finalement, c’est celle qui se joue devant public.
Alors, masqués, ou démasqués : tous en salle ! Pour vibrer, pleurer, penser, à nouveau – choralement et individuellement – avec les acteurs du spectacle vivant.


Pour en savoir + :
TNS – Théâtre national de Strasbourg
Le site
Facebook


>> Fanny SORIANO <<

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