Après bien trop de jours passés entre tes quatre murs, le déconfinement t’a permis de regarder avec un œil neuf et curieux la nature qui t’entoure ? Avant de te mettre en route vers le jardin de tes voisins ou de courir jusqu’au Mont Saint-Odile, petite découverte d’un compte coloré, plein de fraîcheur et de douceur : celui d’Aurélien Ebel, photographe-naturaliste strasbourgeois.

Une bulle de nature dans ton Instagram, où il n’a jamais été aussi aisé de s’attendrir de notre faune locale. Gros plans de bébés animaux lovés les uns contre les autres, le pelage ou le plumage tout ébouriffé ; mésanges en équilibre sur des branches ridiculement fragiles ; ou encore petits insectes poilus s’accrochant à des feuilles démesurément grandes sous leurs délicates pattes… Promis, juré : il t’en fera presque aimer les araignées.
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Séance bronzage ☀️ Hanneton commun

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Depuis sa Wantzenau natale, au Nord de Strasbourg, Aurélien Ebel, 31 ans, partage son temps entre la photographie naturaliste et son travail d’administrateur systèmes et réseaux au sein d’une PME spécialisée dans le textile et la mode. Deux mondes qui s’opposent, et pourtant, un équilibre qu’il a réussi à se créer au fil des années, par passion pour le monde animal.

Un hobby qui l’entraîne dans des explorations, au final, pas si lointaines. Son premier poste d’observation ? « La bande rhénane, de la forêt de La Robertsau, jusqu’à celle d’Offendorf », nous prouvant ainsi, à travers son compte Insta que nos environs proches regorgent d’une faune et d’une flore à la fois fragiles et foisonnantes, mais surtout : à préserver. Il s’y rend d’ailleurs toujours à pied ou à vélo, privilégiant les « modes de transports doux lors de [s]es sorties ». On a voulu en savoir plus sur cet aventurier qui traquait cigognes, ragondins et autres renards planqués à l’orée de nos quartiers.

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Tu partages ? 😅

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Aurélien, tu pratiques la photo depuis 2012… Comment t’est venue cette passion ? Et comment t’organises-tu, avec ton boulot à côté, pour tes sessions photos ?

J’ai d’abord commencé la photographie en empruntant le reflex de mes parents pour faire des photos de paysages. Puis des paysages, j’ai très vite trouvé un intérêt pour les insectes (libellules, papillons, etc.). Et avec l’acquisition de mon propre appareil et d’un téléobjectif, j’ai pu passer à des animaux plus craintifs (oiseaux, chevreuils, renards, etc.). À partir de cet instant, la passion est née. 

J’habite à quelques kilomètres de mon lieu de travail, cela me permet d’être très vite à la maison, le soir : le temps de récupérer mon matériel photo et de filer en forêt. J’essaye d’y aller le plus souvent possible, matin ou soir. Ce sont les moments de la journée où l’on a les plus belles lumières et la chance d’apercevoir le plus d’animaux. J’évite néanmoins de sortir les jours de pluie, ce n’est pas très bon pour le matériel (ni pour le photographe d’ailleurs, qui risque de prendre froid).

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Bon appétit !

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La photo animalière est assez chronophage. Pour arriver à photographier certaines espèces, il faut d’abord étudier leurs déplacements et comportements. C’est notamment le cas pour le renard ou le blaireau, où il m’arrive juste de sortir, m’assoir contre le tronc d’un arbre et de les observer.

Ce qui me plaît dans la photo nature, c’est de pouvoir partager des instants de vie d’espèces pourtant si communes, que nous avons l’habitude de croiser, mais auxquelles nous ne prêtons pas forcément attention lors de nos sorties dominicales. 

D’ailleurs, comment approches-tu tes « modèles » ? Et quelle est ta plus belle rencontre à ce jour ?

Certaines espèces sont assez craintives, surtout chez les mammifères et les oiseaux, il s’agit donc de les observer en toute discrétion. Il n’est donc pas rare que je me promène en pantalon et veste treillis, comme les militaires, avec filet de camouflage ou tente d’affût. Et là, il s’agit d’attendre pendant plusieurs heures, sans bouger et sans faire de bruit, qu’un animal se présente devant l’objectif. Je rentre la plupart du temps bredouille. Mais ce n’est pas grave, c’est ce qui fait le charme de ce loisir. Cela serait trop facile, sinon. Là, il y a un certain challenge pour arriver à photographier une espèce.

Les lieux sont toujours pré-définis à l’avance. À la suite des sorties d’observations, je sais toujours où avoir potentiellement la chance de trouver telle espèce, à tel endroit. Mais il m’arrive aussi de me balader et de rencontrer des espèces au hasard.

La plus belle rencontre, et peut-être aussi la plus anecdotique, fut celle avec un renard. J’avais fait un affût, avec ma tenue, mon filet de camouflage et mon matériel photo. Je m’étais installé en lisière d’une prairie, sur laquelle je l’avais vu vagabonder quelques jours plus tôt. J’ai attendu pendant une heure, puis une deuxième, et une troisième. Rien, il ne s’est pas montré. L’affût s’est soldé par un échec. Je décide alors de ranger mon matériel, non sans une certaine déception.

Je me retourne et devinez qui était là, à m’observer en bâillant à quelques mètres de moi à peine ? Oui, c’était bien lui, Maître Renard ! Depuis ce moment, l’expression « rusé comme un renard » a pris tout son sens.

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Un peu de macro dans le jardin 🐝 🙂

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Toi qui t’évades régulièrement pour faire tes photos… Pendant le confinement : comment t’es-tu adapté à la contrainte du périmètre d’un kilomètre ?

J’ai dans un premier temps été frustré de ne pas pouvoir aller en forêt. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser aux petits insectes de mon jardin. Je me suis rendu compte qu’il pouvait y avoir plein de vie, sur quelques mètres carrés. J’ai découvert l’existence d’une multitude d’espèces de saltiques. Ce sont de toutes petites araignées sauteuses. Étant arachnophobe, je ne pensais pas dire cela un jour : mais je les trouvais finalement assez mignonnes [ndlr : idem et j’en suis la première surprise].

Sinon, dans mon kilomètre autorisé, j’ai eu la chance de pouvoir suivre l’éclosion de cygneaux, les petits des cygnes. C’était vraiment chouette de pouvoir assister à leur premier repas et leur première baignade.

Si on veut en voir plus sur ton travail et la photo naturaliste : quelle est ton actu, en dehors de ton site et de tes réseaux sociaux ?

Concernant mes projets pour cette année, j’en ai un grand : l’organisation de la cinquième édition du Salon Photo Nature de La Wantzenau, avec d’autres photographes de l’association Photof’ill. Évènement qui aura lieu le premier week-end de novembre à La Wantzenau, plus d’une trentaine de photographes venus de toute l’Europe vont présenter leur travail.

Avec 2 300 visiteurs l’an passé, nous espérons accueillir autant de visiteurs cette année, le dépaysement sera garanti !

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Une autre photo de Coco

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Alors, cela ne te donne-t-il pas envie de rejoindre le pré le plus proche et de regarder les petits insectes grimper sur tes pieds ? Ou de contempler, avec plus de tendresse, cette famille de ragondins qui a élu domicile entre deux péniches ou à deux pas de ta pause sandwich ?

La nature nous entoure. A nous de savoir l’observer et la préserver.
Merci à Aurélien Ebel, de nous partager avec passion, ce que l’on ne prend pas toujours le temps de contempler : les petites bêtes de nos quartiers, de nos sentiers.

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Hum, ça sent bon ! 😄

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Photo de couverture : ©Aurélien Ebel

>> Fanny SORIANO <<

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