Alors que le film Black Panther, qui met en scène le tout premier super-héros noir de la maison Marvel, cartonne au box-office depuis sa sortie il y a deux semaines, l’espace d’exposition strasbourgeois la Chambre présente une partie du travail de l’américain Stephen Shames, un photojournaliste qui a documenté le mouvement social du même nom…

Avant d’être associé à un film, le nom Black Panther était associé à un mouvement. Né en 1966 aux États-Unis, ce mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine était inspiré par les discours contre la ségrégation de l’activiste Malcolm X assassiné un an plus tôt, mais aussi l’anti-impérialisme et le marxisme ; des courants différents qui avaient néanmoins un désir commun, celui d’organiser un contrepouvoir basé sur des valeurs humanistes. Dans une Amérique divisée la population noire était exclue de la prospérité le mouvement Black Panther a donc émergé pour faire reconnaître les droits des noirs par des actions concrètes : patrouille de surveillance des « pigs » de la police, lutte contre les drogues, programme de soins ambulatoires d’urgence et formation à la politique et à l’économie, le mouvement Black Panther fédère la communauté noire autour de nombreux services gratuits pour lui permettre de mieux faire valoir ses droits. Si la petite histoire du mouvement n’est pas exempte de violence (30 membres sont entrés armés dans le capitole de Californie, et 5 autres ont détourné un avion), le Black Panther Party a néanmoins marqué la grande histoire, comme une révolution constructive pour toute une catégorie dénigrée de la population, dont 123 membres ont encore trouvé la mort sous les feux de la police en 2016.

Grâce à une relation privilégiée avec les dirigeants du mouvement, l’américain Stephen Shames, un photojournaliste connu pour son travail orienté vers les minorités de son pays, livre des images intimes des Black Panthers, qu’il a accompagné dans leurs protestations comme leurs célébrations. Dans un noir et blanc contrasté, on découvre la misère dans laquelle était maintenue la communauté afro-américaine mais aussi l’énergie qui motivait sa résistance. All Power to the people! C’était l’un des slogans du mouvement et le nom de cette très belle exposition, aussi esthétique que militante, qui fête son lancement dès ce soir à l’occasion d’un vernissage exceptionnel.


Power to the people, une exposition de Stephen Shames
Du 3 mars au 15 avril à la Chambre
(4 place d’Austerlitz, du mercredi au dimanche de 14:00 à 19:00, accès libre)


Vernissage ce soir à 18:00, suivi par une projection-débat au cinéma Star à 20:30 en présence des commissaires de l’exposition

3 COMMENTAIRES

  1. le mouvement 5 étoiles est en rupture avec tous les partis, et affirme une volonté de se libérer des politicards corrompus, cest un vrai mouvement populaire qui regroupe tous les déçus de la fausse démocratie

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