C’est fou comme les années peuvent parfois nous faire regretter ce que nous pensions pourtant détester. Fini les PV, fini les ASVP, les agents de stationnements et le domaine public roi de son propre espace. Bonjour les FPS (forfait post-stationnement), les agents de Streetéo et l’arrivée d’entreprises privées pour vous glisser le ticket.

Quand le privé nous met à l’amende

Le but d’une entreprise est de générer du profit. Pour continuer son activité et pouvoir se développer, elle doit faire entrer plus d’argent qu’en sortir. Simple. Basique.
Le secteur public, lui, fonctionne différemment et est justement là pour prioriser d’autres enjeux orientés sur une vision plus lointaine que le bilan comptable de fin d’année : l’éducation, la santé, la cohésion sociale, la sécurité, etc. Des choses plus difficiles à quantifier mais qui apportent la structure nécessaire à la vie de toute société.

Lorsque l’on traverse des périodes d’austérité et que les pouvoirs publics détiennent moins de richesses, un mot devient courant, celui de « privatisation ». Depuis le 1er janvier 2018, c’est le cas du contrôle des stationnements à Strasbourg. Une société privée, Streetéo, filiale d’Indigo, gère désormais l’espace public utilisé par les voitures sur nos trottoirs.

crédit: Martin Lelièvre

À Paris, Streetéo responsable de milliers de faux contrôles de stationnement

Il y a quelques jours, une enquête du Canard Enchainé faisait scandale à Paris. Streetéo, la société de nos nouveaux ASVP à la sauce privée émettait des milliers d’amendes illégales à Paris depuis leur bureau de la Défense. Les contrôles n’étant pas accomplies intégralement et des agents n’étant pas assermentés mais qui pourtant verbalisaient.

Pour en savoir plus, c’est par ici avec l’article du Parisien →

Un ex-employé dénonçait également la pratique via une vidéo diffusée sur Youtube :

Et à Strasbourg alors ?

Rien de tout ça n’a été révélé pour le moment et avancer quoi que ce soit serait basé sur rien de tangible. Par contre, une chose est sûre, le nombre d’amendes a explosé dans chacune des nouvelles villes ayant accueilli Streetéo. À Marseille, Strasbourg ou encore Metz, le nombre de pénalisation ont été en augmentation depuis la mise en place du service. Les élus parlent également d’une forte baisse de la fraude au stationnement.

Avant le scandale parisien, ces chiffres étaient vus comme une réussite d’optimisation. Aujourd’hui, on peut se permettre d’en douter. Espérons que le déploiement en province se soit fait avec plus de respect des usagers qu’à Paris et que l’épisode que traverse la société Streetéo aujourd’hui servira de leçon d’éthique pour la suite.

La cerise sur l’horodateur

Il faut savoir que Streetéo est une filiale d’Indigo, géant des parkings privés détenant la moitié du parc français. Strasbourg, rien que dans son centre, compte 5 parking exploités par Indigo (Kléber, Tanneurs, Gare Wodli, Gare courte durée, Hôpital Hautepierre).

Le constat est assez simple : que vous soyez garés dans la rue ou dans un parking couvert à Strasbourg, il y a de forte chance que l’argent finisse dans le même portefeuille. Si votre agacement des nouvelles règles de stationnement vous pousse vers les parkings couverts, ce sera au profit de ceux-là même qui vous agaçaient.
Le cercle est bouclé, vous n’avez plus qu’à vous garer et payer.

2 COMMENTAIRES

  1. Moi en lisant l’article du Parisien, je ne comprends pas qu’il y a eu des amendes illégales comme vous l’ecrivez, mais des contrôles fictifs sans amende : c’est très différent!! Votre article s’éloigne un peu de la réalité il me semble, dommage…

  2. Tssss connaissez vous vraiment ce sujet ?
    …. moi je doute. … le montant du fps (pv) va dans la pochette de la ville et de la métropole et pour payer le tram et autre service de mobilité …
    Moins de pollution moins de trafic et plus de place … plus de place a proximite de mon boulanger ou boucher ….
    aller voir ailleurs en Europe ça fonctionne !!! Vive le vélo

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