Dimanche, 14 heures du matin. En allant t’acheter ton classique McDo post-cuite, tu croises un drôle de véhicule multicolore, suivi par une bande de mecs sapés en lycra fluo qui se dandinent chelou ? Rassure-toi, tu as bien quitté l’after et tu n’es pas en bad : ce 11 mars, c’est Carnaval dans les rues de Strasbourg !

Ce dimanche à 14h11, chars, costumes, cerfs-volants et confettis envahiront les rues de Strasbourg à l’occasion du traditionnel Carnaval de l’Eurométropole… Qui n’est plus si traditionnel que ça. Comme l’an dernier, l’organisation de l’événement est assurée par Arachnima, une association d’artistes plasticiens retenue par la municipalité en 2017 pour rompre avec 25 années de festivités d’inspiration rhénane riches en messages satiriques et politiques. À la place, la Ville vise un spectacle « à hauteur d’enfant » selon l’adjoint Mathieu Cahn. Exit les chars motorisés XXL de l’association Strass’Carnaval, surmontés de personnages subversifs à gros nez. L’événement sera familial ou ne sera pas, il ne faudrait pas effrayer les enfants avec une tradition satirique qui pourrait les éveiller plutôt que les divertir… Dommage, quand on sait que le carnaval est à l’origine un rite de transgression, soit un exutoire pour grands qui se réapproprient la ville plutôt qu’une animation pour enfants sans portée symbolique, ce qui ne semblait pas les empêcher de s’émerveiller de toute façon.

Agression traumatisante sur mineur, par Nayanaï
Direction niquer des rêves d’enfants, par Aquinoline

Mais du coup le Carnaval, c’est foutu pour les grands enfants ? Non. L’association Arachnima l’a bien compris, elle intervient à un tournant (ou plutôt au dernier tournant d’une longue liste de revirements qui ont ponctué l’histoire du Carnaval de Strasbourg). Épuisée par des problèmes financiers et des tensions internes, Strass’Carnaval était arrivée au bout de son aventure (et toi-même tu sais que la sentence est irrévocable) ; l’association Arachnima prend donc la main à l’organisation d’un carnaval qui commençait à se répéter sans grandes nouveautés, et sans que le public ose participer autrement qu’en spectateur d’où, peut-être, la volonté de viser les familles, sans pour autant exclure les jeunes adultes ! Alors, si cette année, on ne verra pas de char surmonté par une sorcière au sein découvert et entouré des caricatures de nos politiciens locaux ou nationaux, on pourra quand même admirer 12 bidulos, des modules de plusieurs mètres de haut tractés par des carnavaliers suivis par des personnages fantastiques de rues, des groupes masqués et musicaux, rassemblés dans un spectacle qui tournera autour de bruits et d’éléments tentaculaires selon le thème Vibrato, Piston et Octopus (ouais c’est pas faux, un mot un peu compliqué, tac c’est pas faux : tout le monde y voit que du feu)… Attention cependant, la cavalcade ne suivra pas le même trajet que les années précédentes : exit les cotillons sur la Grande île, le carnaval contournera la Krutenau depuis le parc de l’Étoile, avant de longer l’île jusqu’à la place de la République, pour mieux redescendre jusqu’au Palais universitaire.

Retrouvez tout le programme (ET UN MASQUE DE RATON-LAVEUR) ici.

HATERS GONNA HATE, par Cédric Machinou

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